16 septembre 2009 - 3 réactions
Un rapport de l'Onu accuse Israël d'avoir violé le droit humani- taire international lors de son offensive contre Gaza l'hiver dernier. Les termes crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont employés. Israël parle d'enquête partiale.
Israël a fait un usage disproportionné de la force et violé le droit humanitaire international lors de son offensive dans la bande de Gaza l'hiver dernier, estiment les auteurs d'un rapport de l'Onu dévoilé hier. L'État hébreu «ne s'est pas entouré des précautions nécessaires requises par le droit international pour limiter les pertes en vies humaines, les blessures occasionnées aux civils et les dommages matériels», dit le document. Il cite «les tirs d'obus au phosphore blanc sur les installations de l'UNRWA (agence de l'Onu chargée des réfugiés palestiniens)», «la frappe intentionnelle sur l'hôpital al-Qods à l'aide d'obus explosifs et au phosphore» et «l'attaque contre l'hôpital al-Wafa» comme autant de «violations du droit humanitaire international». Richard Goldstone, président de la mission du Conseil des droits de l'homme de l'Onu chargée d'enquêter sur l'offensive israélienne contre Gaza, est allé encore plus loin en déclarant que «des actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité ont été commis par les forces armées israéliennes».
Des civils utilisés comme bouclier
Israël a immédiatement rejeté hier ce rapport. «Israël n'a pas jugé utile de coopérer avec la Mission d'enquête car son mandat était clairement partial et a ignoré les milliers d'attaques à la roquette du Hamas contre des populations civiles dans le sud d'Israël qui ont rendu nécessaire l'opération contre Gaza», a indiqué un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères. «La stratégie du Hamas consistant à se servir de civils palestiniens comme bouclier pour lancer des attaques terroristes a été délibérément ignorée», poursuit le ministère des Affaires étrangères. «En dépit de ces réserves, Israël va étudier ce rapport avec attention, comme c'est le cas pour tous les rapports préparés par les organisations nationales et internationales», promet le ministère.
