5 octobre 2009 - 4 réactions
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) lance, aujourd'hui, un plaidoyer en faveur de l'immigration qui, «une fois la récession passée, sera utile aux pays riches».
«L'heure n'est pas au protectionnisme anti-immigrants, mais plutôt aux réformes qui promeuvent des avantages à long terme». Dans un rapport intitulé «Lever les barrières: mobilité et développement humains», le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend «bousculer les idées reçues sur la migration»: «Lorsque la récession mondiale sera terminée, la demande de main-d'oeuvre émigrée repartira à la hausse», écrit la responsable du rapport, Jeni Klugman, pour qui «la crise actuelle représente une occasion toute particulière de faire avancer les débats et les réformes sur les politiques migratoires». Jeni Klugman reconnaissait toutefois que «convaincre l'opinion publique d'un tel engagement demande du courage». Le PNUD, pour qui «vivre là où on souhaite est un élément clé de la liberté humaine», cherche à démontrer que les flux migratoires profitent à la fois aux migrants, aux pays d'origine et aux pays d'accueil.
«Pas de libéralisation à tous crins»
«Le rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins, car la population du pays de destination a le droit de modeler sa société, mais il soutient qu'il serait plus judicieux d'augmenter l'accès aux secteurs ayant une forte demande de mains-d'oeuvre, y compris pour les emplois peu qualifiés», explique le PNUD, en rappelant le vieillissement de la population de nombreux pays développés. Prenant le contre-pied des idées reçues, le rapport souligne que «les habitants des pays pauvres sont les moins mobiles: par exemple, moins de 1% des Africains ont émigré en Europe».
Favoriser les moins qualifiés
Parmi les migrants internationaux, estimés à 188millions en 2010, soit 2,8% de la population mondiale (74,1millions en 1960, soit 2,7%), moins de 30% se déplacent d'un pays en développement vers un pays développé. «Des enquêtes détaillées montrent que l'immigration augmente généralement l'emploi dans les communautés d'accueil, n'encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d'investissement dans les entreprises et les initiatives nouvelles», précise le PNUD. Pour faciliter l'immigration, le PNUD préconise une série de réformes. Il demande notamment d'«ouvrir les voies d'entrées existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés», de «garantir le respect des droits humains fondamentaux des migrants, notamment l'accès aux services d'éducation et de santé ainsi qu'au droit de vote».
La Norvège arrive à nouveau en tête au classement annuel de l'indice de développement humain (IDH) que publie, aujourd'hui, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur 182 pays membres de l'Onu. Le pays scandinave devance l'Australie, l'Islande et le Canada dans ce classement, établi selon des données de 2007, soit avant la crise économique et financière mondiale de 2008/2009. Selon le PNUD, la crise «devrait avoir des répercussions massives sur les résultats en matière de développement humain dans de nombreux pays». Certains Etats, très bien classés jusque-là , comme l'Islande et l'Irlande, ont été parmi les plus touchés par la récession mondiale. L'indice de développement humain tient compte de l'espérance de vie à la naissance, du taux d'alphabétisation de la population et du Produit intérieur brut (PIB) par habitant en termes de parité du pouvoir d'achat calculé en dollars américains. Ces trois dimensions sont ramenées à des valeurs comprises entre zéro et un. Les pays considérés par le PNUD comme ayant un «développement humain très élevé» ont un IDH supérieur à 0,900. Ceux à «développement humain faible» ont un IDH inférieur à 0,500. Dans cette catégorie, le Niger arrive en bas du classement, tandis que l'Afghanistan est avant-dernier. Parmi les dix premiers pays, il y a peu de changements par rapport au classement de 2006, sauf pour la France qui remonte de la 11e place à la 8e, derrière la Suède et devant la Suisse, tandis que le Luxembourg quitte le peloton de tête. «La remontée de la France tient à l'augmentation de son PIB par habitant», selon Papa Seck, expert en statistiques au bureau du PNUD de New York. Classée 92e, la Chine réalise la plus forte progression (+7 places). La Jamaïque (100e) enregistre la plus forte baisse (-8).
