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Megaupload. Le coup d'arrêt à un empire mondial du net

21 janvier 2012

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Fermé par la justice américaine pour violation des droits d'auteur. Megaupload, «star» mondiale des sites de téléchargement et de streaming est tombé. Honni par les majors du disque, du cinéma, et sociétés d'auteur, il représentait 4% du web.



Désactivée jeudi soir par le FBI.
Accusée de violation des droits d'auteur, la plate-forme emblématique et controversée du téléchargement direct ou en streaming Megaupload.com a été désactivée jeudi soir par le FBI. Les serveurs informatiques hébergeant des données liées à son fonctionnement ont été saisis. Une vingtaine de noms de domaines liés au site ont aussi été fermés. Ce coup d'arrêt intervient en pleine polémique aux États-Unis sur des projets de loi antipiratage.

Que proposait Megaupload?
Le site, basé à Hong Kong, et ses différentes déclinaisons comme MegaVideo, la plus connue, propose d'héberger des fichiers, gratuitement ou moyennant finance au-delà d'une certaine taille. Tous les types de fichiers sont acceptés (musique, films, livres, logiciels) et librement téléchargeables une fois mis en ligne. Dans le cas des films et séries, Megaupload offre également la possibilité de regarder en streaming (comme sur YouTube ou Dailymotion par exemple). Une pratique de plus en plus répandue car, dans le cas de la mise à disposition illégale d'une oeuvre, la consultation de celle-ci en streaming n'est pas en soi illégale, au contraire de son téléchargement.

La contre-attaque d'Anonymous jusqu'à l'Élysée.
Immédiatement après l'annonce, en guise de représailles, les pirates informatiques d'Anonymous ont bloqué pendant plusieurs heures des sites internet américains, dont celui du FBI et du ministère de la Justice. Un autre site attaqué, celui de la maison de disque Universal Music, était toujours perturbé hier matin. Anonymous a affirmé sur un blog que l'attaque avait aussi visé le site de la Maison Blanche, mais aussi de l'Hadopi (lire ci-dessous). Hier soir, le site de l'Élysée faisait aussi partie des cibles du collectif. Le message «We are legion» (la devise d'Anonymous) apparaissait à la fin de l'adresse du site de la présidence de la République. Les pirates informatiques ont assuré que cette opération était leur «plus vaste attaque» à ce jour, précisant sur un de leurs comptes Twitter que plus de 5.600 personnes y avaient participé.

L'arrestation musclée de son fondateur.
Le riche fondateur du site Megaupload.com, Kim Dotcom, un Allemand de 37 ans, a été interpellé hier à Auckland, en Nouvelle-Zélande, après s'être retranché, armé, dans sa villa. Un vrai scénario de film de gangsters. Trois autres responsables du site ont aussi été interpellés en Nouvelle-Zélande sur la base de mandats d'arrêt américain. Les policiers ont saisi plusieurs voitures de luxe, dont une Cadillac rose de 1959 et une Rolls Royce Phantom, ainsi qu'une arme à feu. Quelque11millions de dollars néo-zélandais (6,83millions d'euros) ont été gelés sur des comptes bancaires. Selon l'inspecteur Grant Wormald, le créateur de Megaupload a tenté de se réfugier dans une chambre forte lorsque la police est arrivée.

Ceux qui l'utilisaient légalement pénalisés.
La commissaire européenne chargée des nouvelles technologies, Neelie Kroes, a exprimé hier sa préoccupation quant aux conséquences de l'opération. Tous les usagers sont pénalisés, y compris ceux qui utilisent légalement les services pour stocker des données, a-t-elle souligné. Pour autant, l'aventure Megaupload s'arrête-t-elle là? Pour Jérémie Zimmermann, co-fondateur de l'association La Quadrature du Net, «de nouveaux sites Megaupload vont très certainement rouvrir sur des noms de domaine inatteignables par les États-Unis».

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