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Médicaments. Une chasse mondiale aux contrefaçons

14 avril 2010

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Les faux médicaments inondent le marché. Les trafiquants étaient jusqu'alors peu inquiétés à cause d'un manque de coopération internationale. Les Etats ont décidé de faire barrage.

Un chiffre qui fait froid dans le dos: selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), plus de la moitié des médicaments achetés sur des sites internet qui dissimulent leur identité seraient des faux. Les contrefaçons peuvent représenter en valeur jusqu'à 50% du marché dans certains pays en développement où l'on compte de nombreux décès liés aux faux médicaments. Une étude récente du numéro un mondial de la pharmacie Pfizer est encore plus alarmiste. Selon elle, 50 à 90% des médicaments achetés en ligne seraient des contrefaçons, contenant parfois des substances dangereuses comme du poison pour rats ou de l'acide borique...

Une industrie multimilliardaire

Ce trafic rapporte une fortune considérable à ses commanditaires. «La contrefaçon est une industrie multimilliardaire (...). Souvent associée au crime organisé et au trafic de drogues, elle génère des profits substantiels avec un faible risque d'interception et des sanctions relativement bénignes», notent plusieurs experts européens. Les trafiquants, peu exposés au risque judiciaire, s'engouffrent donc dans la brèche. De ce fait, la production de faux médicaments est en forte croissance: «L'augmentation dépasse les 100% d'une année sur l'autre!», estime ainsi Jean-Marc Spieser, de la Direction européenne de qualité du médicament. «En Europe, nous sommes relativement à l'abri mais les trafiquants arrivent toujours à trouver une faille, ajoute-t-il. Ces dernières années, on a par exemple vu exploser sur internet les offres de médicaments d'abord liés au plaisir sexuel, ou pour des régimes, et maintenant on voit aussi des médicaments pour traiter les maladies cardiaques ou la maladie de Parkinson. C'est dramatique!»

Des sanctions dissuasives

Alors que la France s'apprête, comme plusieurs pays européens, à autoriser la vente de médicaments sans ordonnance sur internet, Jean-Marc Spieser tire la sonnette d'alarme. Pour lui, il s'agit d'«une porte d'entrée pour la contrefaçon». La convention «Médicrime», organisée jeudi et vendredi à Bâle, la capitale suisse de la chimie et du médicament, a pour but de fixer un cadre à la lutte contre la contrefaçon des médicaments dans le monde entier et d'instaurer des sanctions réellement dissuasives.

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