22 juillet 2012
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La visite à Aurora du président Obama survient alors que la police a affirmé à plusieurs reprises que le tueur présumé James Holmes semble avoir préparé la fusillade depuis au moins quatre mois. Seul, contrairement à ce qu'une rumeur prétend ces dernières heures.
Le jeune homme, originaire de San Diego en Californie, allait quitter l'Université du Colorado, où il était inscrit en neurosciences depuis juin 2011, lorsqu'il a commis dans la nuit de jeudi à vendredi ce que les médias américains qualifient "d'affligeante atrocité" : le massacre de 12 personnes dans un cinéma proche de Denver, lors d'une première du nouveau film Batman. Une tuerie qui a également fait 58 blessés. [Le récit et les images de la fusillade]
Le chef de la police de New York, Raymond Kelly, qui n'a pas cité ses sources, a déclaré que le suspect était "manifestement dérangé" et avait les cheveux teints en rouge lors de son arrestation. "Il a dit qu'il était le Joker, l'ennemi de Batman", a-t-il déclaré à la presse.
"Il avait l'air d'un garçon bien"
Sur une photo transmise par son université, le jeune homme à la bouille ronde, les cheveux noirs légèrement décoiffés, affiche un sourire satisfait. Un autre cliché, datant de son lycée de San Diego, Westview, d'où il est sorti en 2006, le montre tout sourire. "Il avait l'air d'un garçon bien", raconte le gardien d'un immeuble voisin du sien. "Je vais au bar tous les dimanches pour le karaoké et je le voyais de temps en temps. Nous discutions parfois de la pluie et du beau temps".
D'après le FBI, c'est un homme blanc de 1,90 mètre, né le 13 décembre 1987, sans mention à son casier judiciaire et sans lien avec le terrorisme. Son seul méfait commis et connu jusqu'ici: un excès de vitesse en octobre 2011. Lorsqu'il candidate pour louer son logement l'an dernier, James Holmes se décrit comme un étudiant "discret et facile à vivre", révèle le journal local Denver Post.
"Personne ne le connaissait"
Mais derrière une apparente vie quotidienne sans histoire, le jeune homme paraît solitaire et replié sur lui. Solitaire dans la vie, solitaire dans la tuerie également, même si certains médias se font l'écho de l'audition d'un proche de Holmes hier.
"Personne ne le connaissait. Personne!", affirme un étudiant en pharmacie vivant dans le même immeuble réservé aux élèves, professeurs et personnels de la faculté de médecine. James Holmes ne disait jamais bonjour et faisait semblant de ne voir personne quand il croisait quelqu'un dans le couloir, confie encore l'étudiant.
Il raconte aussi avoir appelé la police peu après minuit dans la nuit de jeudi à vendredi --pratiquement à l'heure de la tuerie-- pour signaler une musique assourdissante provenant de l'appartement de James Holmes. L'étudiant n'a pas reconnu la chanson, mais suppose qu'elle tournait en boucle.
"Il portait toujours un pantalon et une casquette de camouflage", se rappelle aussi un employé d'une usine des environs. "Nous ne le connaissions pas bien car il ne parlait à personne. Il était toujours cloîtré derrière sa porte".
"Fantôme du net"
Mashable.com, un site consacré aux réseaux sociaux, le décrit de son côté comme un "fantôme du net" sans présence apparente sur Facebook ou Twitter. Surtout, James Holmes a apparemment méthodiquement préparé son crime et lontemps à l'avance, se procurant au cours des deux derniers mois quelque 6.000 balles et cartouches sur internet. Tous les munitions et les quatre armes achetées dans des armureries locales ont été acquises légalement, a indiqué le chef de la police d'Aurora. Parmi ces munitions, 3.000 étaient des balles de fusil d'assaut, 3.000 des balles de pistolet Glock et 300 des cartouches de fusil à pompe.
Dans un communiqué, la famille Holmes a dit "essayer de se faire à l'idée" de ce qu'a commis le tireur d'Aurora. Elle a assuré qu'elle coopérait avec les enquêteurs.
24 mai 2013 à 09h17