2 mai 2010
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"Dans le saint suaire nous voyons, comme dans un miroir, nos souffrances dans les souffrances du Christ", a dit le pape lors d'une messe célébrée ce matin sous un ciel plombé en plein centre de la capitale du Piémont en présence de la famille de Savoie propriétaire du saint suaire de1453 à 1983.
Le prince Victor Emmanuel de Savoie, sa femme Marina Doria et son fils Emmanuel-Philibert, siégaient donc au premier rang. Derrière eux: 25.000 personnes étaient présentes sur la place San Carlo où avait été installée une vaste estrade. Plusieurs milliers d'autres suivaient la célébration sur des écrans géants installés à proximité.
Mais ce fameux linceul, devenu propriété du Vatican en 83 a-t-il vraiment enveloppé le corps du Christ ?
Oui, pensent certains, s'appuyant sur deux faits. Tout d'abord, une photographie réalisée par Secondo Pia en 1898. Le négatif révèlerait des détails que l'image ne montrerait pas ! Le « Suaire » serait donc un « négatif » et comme il est apparu bien avant l'invention de la photographie, cela « prouverait » son authenticité. Ensuite, à la fin des années 70, après une campagne d'étude sur ce linge, un groupe de scientifiques regroupés dans le Shroud of Turin Research Project (STURP) conclut que l'image ne peut pas avoir été faite de main d'homme.
Néanmoins, en 1988, l'Eglise finit par autoriser une datation au carbone 14. Le verdict est sans appel : le « Suaire » de Turin a été réalisé à partir d'un tissu datant du XIVe siècle. Ce n'est rien d'autre qu'une mystification !
C'est la thèse que reprend à son compte l'association française pour l'information scientifique. Qui traque toute concession au sensationnalisme, à la désinformation et à la complaisance pour l'irrationnel. Et entend promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des oeuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques.
Sa dernière cible : Arte, et le documentaire présenté le 3 avril. La pièce centrale du « documentaire » est en réalité la thèse du chimiste Ray Rogers : la datation serait correcte mais elle aurait été réalisée sur un rapiéçage médiéval du « Suaire », une pièce rapportée qui n'a rien à voir avec l'original.
Mystification donc. Le linceul n'en reste pas moins une relique, ce qui n'ôte rien ni à la symbolique, ni à la ferveur du déplacement papal!
23 mai 2012 à 18h15