8 février 2012 - 1 réactions
Pour l'émission «Pièces à conviction» diffusée, ce soir, par France 3, et réalisée par Pascal Henry et Emmanuel Lejeune, deux réalités cohabitent. Tout d'abord, les commissions versées en marge de ce dossier sont avérées. On sait qu'elles se décomposent en deux parties: l'une, de 6,5% de la valeur du contrat de 823millions d'euros, est allée vers les dirigeants pakistanais, à savoir, d'une part, le clan de celle qui était alors Premier ministre du Pakistan, Benazir Bhutto et, d'autre part, vers les militaires. Elle a été distribuée par un intermédiaire bien identifié: le Pakistanais Amer Lodhi. Une seconde commission, imposée à la dernière minute par le ministre de la Défense français, François Léotard, et son «conseiller politique» Renaud Donnedieu de Vabres, s'élève à 4% du contrat, soit 32millions d'euros. Cette somme n'aurait jamais quitté la France... Elle a été versée à l'intermédiaire ZiadTakkiédine. La justice française soupçonne qu'une (infime) partie de cette somme s'est retrouvée sur les comptes de campagne d'Édouard Balladur. Sans preuve à ce jour... Où est passé le reste? Mystère!
«Commissions versées aux bénéficiaires»
L'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, le 8mai 2002, estime que cette opération est liée au non-versement de commissions au Pakistan. «Pièces à convictions» conteste cette approche et livre le témoignage du journaliste Kamran Khan, enquêteur du quotidienDawn. Il explique que «ceux qui devaient recevoir des commissions les ont reçues. (...) Tous les intermédiaires - qui ont bénéficié des commissions pendant plusieurs années - ont continué à les recevoir. Que cet attentat soit directement relié au non versement d'une partie des commissions... Cela n'a pas de sens! Apparemment, l'argent est parvenu aux officiers qui étaient chargés de le redistribuer. Je n'ai aucune raison de croire l'inverse...»
Éviter l'annulation de l'élection... de Chirac
L'attentat serait lié, en réalité, à une guerre entre services pakistanais. Et pas à l'interruption par Jacques Chirac du versement des sommes attendues par le réseau K de Ziad Takkiédine. En fait, ajoute «Pièces à conviction», ces versements se seraient poursuivis, non plus à destination d'Édouard Balladur, mais en faveur du clan Chirac. Jacques Robert, ancien membre du Conseil constitutionnel, avait proposé le rejet des comptes de campagne de Balladur. Mais ceux de Chirac présentaient les «mêmes problèmes», admet l'ancien président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas! C'est donc pour ne pas annuler l'élection de Jacques Chirac que les comptes d'Édouard Balladur auraient été finalement validés... Dans le cas contraire, il aurait fallu annuler l'élection du nouveau président élu! Impensable...
23 mai 2012 à 18h15