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Italie. Silvio Berlusconi fait front

13 septembre 2009 - 1 réactions

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Mauvaise passe pour Silvio Berlusconi. Attaqué de toutes parts, le Cavaliere est apparu sur la défensive ces derniers jours, notamment vis-à-vis des journalistes. Mais force est de constater qu'il reste sans rival et solidement en place...

De notre correspondante en Italie.
Un coup de canon en direction du Vatican, des plaintes déposées contre les quotidiens italiens et espagnol La Repubblica, L'Unità et El Pais et l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, accusés d'avoir levé le voile sur les frasques du Cavaliere. Un avertissement lancé à l'Union européenne dont il menace de bloquer les travaux depuis que son gouvernement a été sommé de s'expliquer sur le refoulement des clandestins vers la Libye Et pour parachever le tableau, un pied de nez à ses partenaires européens en se rendant à Tripoli en compagnie de quelques dictateurs africains pour participer au 40e anniversaire de la révolution libyenne. Pour le coup, Silvio Berlusconi effectue une rentrée tonitruante.

Un capital politique entamé

Depuis sa conversion à la politique, en 1993, le Cavaliere avait habitué les Italiens à sa façon de faire qu'il a toujours qualifié de «genuine» (proche de la nature et du peuple). Face aux critiques, le président du Conseil italien s'est toujours défendu en affirmant que son «franc-parler plaît au peuple» et qu'il a été élu en raison justement de sa façon de faire. Toutefois, la multiplication des articles sur sa vie privée désordonnée, ses multiples attaques contre la presse qu'il voudrait museler, son attitude désinvolte lors des rencontres officielles ont sérieusement entamé son capital politique. «À l'étranger, le président du Conseil a démoli l'image de l'Italie, analyse le documentariste Mario Canale. Nos partenaires européens n'ont plus aucune considération pour un pays qui tolère un tel leader».

«Un système féodal»

Soit. Mais en Italie, la situation est au point mort. «Aujourd'hui, le leadership berlusconien ressemble au système féodal. Il y a une concentration du pouvoir. Et nous sommes pris dans l'étau d'une dégénérescence politique et morale», estime Ferdinando Adornato. Pour cet ancien député de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi en 1993, qui a tourné le dos à la majorité pour rejoindre les centristes, sans une opposition constructive et durable, l'Italie est «condamnée à subir Silvio Berlusconi». Il y a aussi le fait que les frasques du Cavaliere ne dérangent pas ses électeurs irréductibles. «Le pauvre! Il doit débouter les communistes qui veulent prendre le pouvoir et porter plainte contre la presse qui le persécute», s'énerve Sandro Pieri, titulaire d'un salon de coiffure dans un quartier huppé de Rome.

Rendez-vous important l'an prochain

Du côté des catholiques, en revanche, le malaise devient palpable. La brouille avec le Vatican après l'article publié dans le quotidien de la famille Berlusconi contre le directeur d'Avvenire, le journal de la Confédération épiscopale italienne a suscité un début de révolte. Et Silvio Berlusconi pourrait faire les frais de sa politique guerrière aux régionales qui se tiendront en 2010 (lire ci-dessous). Mais pour le Cavaliere, qui campe sur ses positions, tout cela n'a pas grande importance. Depuis plusieurs jours, son allié Gianfranco Fini, chef des post-fascistes, a bien haussé le ton en critiquant publiquement l'attitude de son patron envers la presse. «Assez de meurtres; la multiplication des dépôts de plaintes bloque la situation et tue la politique», a tonné le président du Parlement italien. En ajoutant qu'il refuse l'idée d'un parti ressemblant à une «caserne». Un coup de gueule qui n'a pas eu beaucoup de répercussions, du moins à droite. «Les représentants du Peuple de la Liberté (le parti fondé par Silvio Berlusconi) sont comme des employés qui obéissent au doigt et à l'oeil à leur patron», analyse Silvio Sircana, sénateur du Parti démocratique et ancien porte-parole du gouvernement de Romano Prodi.

«Autant le garder»

Selon une partie de la presse internationale, le Cavaliere serait «carbonisé». C'est allé un peu vite en besogne. Car pour le moment, les Italiens n'ont aucune envie de changer de gouvernement. «Nous n'avons aucune alternative, ni à droite ni à gauche. Alors autant garder notre Silvio, même s'il commence à nous mettre sérieusement mal à l'aise», analyse un chauffeur de taxi. Vox populi?

  • Ariel F.Dumont

Des relations tendues avec le Vatican

Après avoir été pendant longtemps l'interlocuteur privilégié du Vatican, Silvio Berlusconi n'est plus totalement en odeur de sainteté au Saint-Siège. Déjà critiqué par une partie de l'Église pour sa politique migratoire et sa vie privée désordonnée, il vient de provoquer la colère de la hiérarchie catholique. À l'origine de cette affaire qui a suscité l'intervention de Benoît XVI, la campagne de discrédit orchestrée par le quotidien Il Giornale, proche du chef du gouvernement, contre le directeur de publication de l'Avvenire, le journal de la Conférence épiscopale italienne. Pour répondre aux critiques du quotidien catholique, qui avait dénoncé la vie de bâton de chaise du Cavaliere, peu conforme au credo catholique, Il Giornalea frappé fort. Et s'en est pris à la vie privée de Dino Boffo, directeur de publication du quotidien Avvenire. Dans un article sanglant, Il Giornale affirmait que Dino Boffo a été condamné par la justice italienne pour avoir «persécuté la femme d'un homme dont il était l'amant il y a dix ans». Pour gonfler ses déclarations, le quotidien de la famille Berlusconi ajoutait que Dino Boffo serait surveillé par la police en raison de ses «habitudes sexuelles». Une affirmation que le ministère de l'Intérieur s'est immédiatement empressé de démentir. Cette affaire a créé un climat de tension entre le Vatican et le chef du gouvernement italien. Au point que les conseillers de Silvio Berlusconi tentent maintenant d'éteindre l'incendie qui risque de coûter cher au Cavaliere aux régionales de 2010, alors que les derniers sondages lui accorderaient plus de 55% de consensus. Mais ce chiffre est contesté par les discours en coulisse d'une partie de l'électorat catholique qui commence à faire la moue. Pour preuve, certains électeurs modérés - tout comme l'Église en coulisse - observent avec intérêt les manoeuvres des héritiers de la Démocratie chrétienne qui réfléchissent à voix haute à la création d'un parti centriste d'inspiration catholique. Face au danger que représenterait la naissance d'un troisième pole en terme électoral, le Cavaliere multiplie les conseils de guerre. Et se dit prêt à écouter son entourage qui lui conseille de lâcher du lest sur des questions chères à l'Église: le dossier sur le testament biologique, actuellement à l'étude au Parlement, ou encore l'heure de religion dans les écoles publiques qui pourrait être remplacée par l'histoire des religions et l'étude de l'éthique interreligieuse. Des concessions que le gouvernement Berlusconi pourrait accepter au nom de la raison politique.
  • A.F.D.
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«Silvio Berlusconi a démoli l'image de l'Italie».»

  • Mario Canale documentariste

1 réaction

  • melo87
    Silvionissimo.modérato.
    Ha ,les Italiens.Jamais contents de leurs hommes politiques.Tout cela parce que le grand chef ,c'est le premier ministre alors que le Président de la république,lui n'est presque rien. Chez nous c'est le contraire,le Big chief c'est le Président,et le 1er Ministre est aux ordres. C'est pour cela que tout va si bien chez nous et que tout baigne dans l'huile.....
    Ajouté le 13 septembre 2009 à 10h19
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