31 mai 2011 - 2 réactions
De notre correspondante à Rome.
Plus qu'une défaite, c'est une humiliation. Après lui avoir servi de tremplin politique et économique, Milan a répudié Silvio Berlusconi en accordant sa confiance à Giuliano Pisapia, un ancien avocat qui a ravi la mairie à l'édile sortant. À Naples, le scénario est identique, Luigi De Magistris, candidat du centre-gauche et ancien magistrat, a obtenu 65,3% des voix. Un double camouflet pour Silvio Berlusconi qui a orchestré la campagne de ses candidats en attaquant les juges italiens qui le poursuivent pour corruption et prostitution de mineure présumée. La gauche a ajouté huit autres mairies à son butin de guerre, à commencer par Novare, l'ancienne forteresse de la Ligue du Nord, l'encombrant allié de Silvio Berlusconi.
«C'est une grande claque»
Après cette défaite cinglante, ce parti populiste craint d'être enseveli sous les décombres. À preuve, les propos tenus hier soir par le ministre de l'Intérieur et numéro deux de la Ligue. « C'est une grande claque, il faut réfléchir et relancer la politique gouvernementale pour éviter de perdre les législatives en 2013 ou de devoir jeter l'éponge avant l'heure », a déclaré Roberto Maroni au nom du parti et des sympathisants qui prônent la rupture avec le Cavaliere. Du coup, le destin de Silvio Berlusconi semble scellé. D'autant que sa majorité, tout en soutenant publiquement son chef, évoquait hier soir l'urgence d'un élargissement de la droite moyennant un accord avec les centristes. Mais les « brebis égarées » qui ont rejoint les bancs de l'opposition il y a six mois, refusent d'accepter la main tendue. À moins que le Cavaliere accepte de quitter la scène politique. C'est ce qu'a déclaré Gianfranco Fini qui a rompu avec son ex-mentor en septembre dernier pour fonder son propre parti. « Berlusconi et le berlusconisme font partie des affaires classées », a estimé hier soir le président du Parlement italien. Affaire à suivre...
23 mai 2012 à 18h15