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Iran. Ahmadinejad défend bec et ongles sa réélection

15 juin 2009

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Des protestataires ont encore une fois hier allumé des feux et brisé des vitrines, en Iran, contestant la réélection du président Ahmadinejad. Son principal rival, Moussavi, a réclamé l'annulation de cette élection.

L'ultraradical Mahmoud Ahmadinejad, dont les partisans ont défilé hier dans la journée dans la capitale iranienne, a rejeté les accusations de fraude, assurant que sa réélection à la présidence du pays ne faisait aucun doute. «En Iran, l'élection était réelle et libre», a déclaré le président sortant lors d'une conférence de presse dans une salle comble, la première depuis l'annonce par le gouvernement de sa réélection pour un deuxième mandat lors du scrutin de vendredi. Interrogé sur les accusations de l'opposition, il a balayé du revers de la main les allégations d'irrégularités: «Certains pensaient qu'ils allaient gagner et cela les a rendus furieux (...). Cela n'a aucune crédibilité légale. C'est comme les passions qui se déchaînent après un match de football. Ce n'est pas important de mon point de vue».

Poursuivre l'opposition «civile et légale»

«L'écart entre mes voix et celles des autres est trop important et personne ne peut le mettre en doute», a-t-il conclu, accusant par ailleurs les médias étrangers de lancer «une guerre psychologique» contrel'Iran. Des déclarations qui n'ont pas calmé ses opposants. Hier, des groupes de jeunes Iraniens ont brisé les vitres d'autobus dans plusieurs rues de Téhéran. Ils ont mis le feu à des poubelles et installé des barricades de pneus enflammés. La police anti-émeute a chargé certains manifestants. Commerces, bâtiments publics et bureaux ont fermé plus tôt, la tension montant dans la ville. L'ancien Premier ministre, Mir Hossein Moussavi, a demandé de son côté aux autorités l'annulation du scrutin, seule façon selon lui de restaurer la confiance des citoyens. Il a exhorté ses partisans à poursuivre leur opposition «civile et légale» contre les résultats officiels.

Les doutes de Joe Biden

Les présidents afghan et irakien Hamid Karzaï et Jalal Talabani, ont de leur côté téléphoné dès hier à Mahmoud Ahmadinejad pour le féliciter de sa réélection. Le vice-président américain Joe Biden a, lui, exprimé ses «doutes» sur l'équité et la régularité de la présidentielle iranienne, «même si les Etats-Unis doivent accepter pour le moment» les résultats officiels donnant la victoire au président sortant. Joe Biden s'est notamment dit «surpris» par l'ampleur de la victoire annoncée de Mahmoud Ahmadinejad, avec près de 63% des suffrages.

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