17 avril 2010
«Je suis ici pour vous persuader qu'il existe une alternative aux deux vieux partis qui se repassent le bébé de votre gouvernement depuis 65 ans», martèle NickClegg, jeudi soir, face à ses adversaires travailliste, GordonBrown, et conservateur, DavidCameron. Le message du brillant orateur de 43ans est visiblement passé auprès des Britanniques.
51% de bonnes opinions
En effet, quelques minutes après le générique final de ce premier débat télévisé entre les candidats au 10,Downing Street, un sondage instantané rendait un verdict sans appel : 51% de bonnes opinions pour Clegg, 26% à Cameron et 19% à Brown. «Ce n'est qu'un début», prévient le jeune dirigeant à l'éternelle cravate jaune, couleur symbole des Libéraux-démocrates. Un mouvement politique de centre-gauche, héritier du parti libéral, qui a donné au pays 26 Premiers ministres, mais qui n'a plus été au pouvoir depuis1922. Cette réussite, aussi spectaculaire qu'inattendue, ne fait pas de NickClegg le futur Premier ministre britannique. Bonne opinion ne signifie pas bulletin de vote. Sur ce point, les Libéraux-démocrates sont crédités de 24% d'intentions de vote (+3points en deux jours), contre 28% pour les travaillistes du Premier ministre sortant Gordon Brown (-1%), et 35% (inchangé) pour l'opposition conservatrice.
Un tournant politique ?
Si cette progression se confirme, Nick Clegg et les Lib-dems joueront un rôle-clé dans les législatives du 6 mai, où le Labour et les Tories pourraient ne pas obtenir de majorité absolue. Ils pourraient alors se tourner vers les Lib-dems pour tenter de former un gouvernement de coalition. Nick Clegg n'a exclu aucune hypothèse. Reste à savoir si ce brusque gain de popularité n'est qu'un feu de paille dans la foulée de la performance médiatique d'un champion télégénique, ou si c'est un véritable tournant politique. L'homme sera très attendu lors des deux autres débats prévus avant les élections. Le premier parlera politique étrangère : le jeune leader s'est opposé à la guerre en Afghanistan et préconise le gel du programme nucléaire britannique. Le second et dernier débat traitera d'économie, épicentre de cette campagne qui s'annonce jusqu'au bout indécise.
23 mai 2012 Ã 18h15