Gilad Shalit. Libéré, le jeune soldat a passé sa première nuit chez lui
Après 1.941 jours de détention, Gilad Shalit a été libéré, mardi matin, par le Hamas en échange de quelque 500 prisonniers palestiniens. Au-delà de l'émotion, cette libération redonne une bouffée d'espoir pour le processus de paix.
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De notre correspondante à Jérusalem.
Une fois n'est pas coutume, la joie l'emportait hier chez les Israéliens comme chez les Palestiniens. Comme prévu, l'accord sur l'échange de prisonniers a bien eu lieu. À Gaza, quelque 200.000 personnes se sont rassemblées sur la place centrale de Rafah pour fêter la libération de 477 prisonniers en échange du soldat franco-israélien, 550 autres doivent suivre dans deux mois.
Le Hamas renforcé Abbas affaibli
Pour ce premier groupe libéré, 295 Palestiniens sont arrivés à Gaza et 142en Cisjordanie. Cependant, la joie de certaines familles de savoir que l'un des leurs était libéré a été ternie par le fait que cette libération est synonyme d'exil. En effet, l'accord conclu entre le Hamas et Israël prévoit l'exil de 200 prisonniers:163Palestiniens de Cisjordanie vivront désormais à Gaza et 40autres - les plus dangereux pour Israël - sont contraints de partir à l'étranger, à savoir le Qatar, la Turquie et la Syrie. À Gaza, Ismaël Haniyé, Premier ministre du Hamas, a accueilli les prisonniers, embrassant chacun sur le front. C'est une victoire politique majeure pour le groupe islamiste qui a négocié l'accord. À l'inverse, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, affaibli par ces libérations, a remercié les Égyptiens pour leur rôle dans cet heureux dénouement et il a précisé qu'il négociait de nouvelles libérations devant une foule nombreuse réunie à Ramallah.
Inquiétude en Israël
En Israël, la joie de voir Gilad Shalit fut mêlée d'inquiétude. Hier matin, le soldat franco-israélien était remis par le Hamas aux Égyptiens. Les premières images le montrent très amaigri, voûté, mais debout, sans blessure apparente. Cependant, au sentiment de délivrance se mêle rapidement celui d'un malaise. Au cours d'un entretien avec une journaliste égyptienne, Gilad Shalit est apparu de plus en plus vulnérable: son regard s'égare, il se voûte davantage, sa respiration s'accélère, il cherche son souffle et finalement baisse les yeux comme s'il cherchait à s'enfuir de cette intrusion médiatique alors qu'il n'a même pas encore retrouvé les siens. Il les retrouvera quelques heures plus tard dans une base militaire dans le centre du pays.
De là, ils rentreront tous ensemble chez eux, à Mitzpé Hila en Haute Galilée. À 16h45, au soleil couchant, l'hélicoptère militaire ramenant Gilad Shalit et les siens est apparu dans le ciel au-dessus de Mitzpé Hila. Une clameur s'est alors élevée de la foule de plusieurs milliers d'Israéliens rassemblée pour accueillir Gilad. À 17h05, 1.941jours après son enlèvement, Gilad Shalit a passé le pas de la porte de la maison familiale. L'armée a d'ores et déjà attribué à Gilad Shalit le statut d'invalide de guerre compte tenu de la durée et des conditions de sa détention impliquant inévitablement un «trouble psychologique post-traumatique».
À Ramallah, les prisonniers accueillis en héros
De notre envoyée spéciale à Ramallah.
Il est à peine 9h du matin et des milliers de personnes sont déjà amassées dans la cour de l'al-Muqataa, le siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, où seront rendus 117 des 477 prisonniers.
Trente ans d'attente
Tous brandissent des drapeaux palestinien, du Fatah et du Hamas sur fond de chants patriotiques. Des mères ont des posters géants de leurs fils. De jeunes enfants sont en costumes trois pièces et des bébés sont emmaillotés dans le drapeau palestinien. Ahmed a 17ans et n'a pas vu son père depuis l'âge de trois ans. Fatima tient sa petite fille qui va enfin connaître son père. Une femme âgée attend le retour de son mari depuis plus de trente ans... Il est midi. Le bus arrive. Les prisonniers saluent la foule depuis une tribune puis courent retrouver leur famille. Sur tous les visages, il y a des larmes. Et une joie profonde. « Allah Akbar », «Allah est grand», hurle un prisonnier libéré portant le bandeau vert du Hamas sur son front. Il est porté sur les épaules de son frère qu'il n'a pas vu depuis 15ans. Les retrouvailles de Sanabel avec sa mère sont plus discrètes. Elle a 24 ans et fait partie des 27 femmes libérées. « Liberté » est son premier mot. Dans son manteau rose, légèrement voilée, une écharpe autour du cou portant l'inscription « Liberté pour les prisonniers de la liberté », elle a le visage creusé par la fatigue mais les yeux emplis de joie. « On a été transférées, hier soir, de la prison de Asharon à Afor, au checkpoint israélien. On n'a pas dormi une seule minute. » Il y a quatre ans, étudiante en droit, elle était activiste au sein d'une branche étudiante de libération de la Palestine. « C'était à un checkpoint. Il y avait des tensions dans la ville entre Israéliens et Palestiniens. On militait pour nos droits. J'étais prise dans cette révolte et j'ai jeté un gaz toxique à la tête d'un soldat. »
«Un changement des mentalités»
Aujourd'hui, elle ne regrette rien. Mais a changé. « Quand on est ado, on pense pas forcément dans le bon sens. Ces années en prison m'ont fait mûrir. En janvier, je vais reprendre mes études, en politique et droit international. La paix ne peut passer que par un changement des mentalités. Les armes et la révolte sont inutiles. L'éducation et le droit le sont. C'est mon prochain combat. »
Le chef du Hamas tend la main à Abbas
Après avoir remercié l'Egypte pour sa médiation, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a proposé au président palestinien Mahmoud Abbas de le rencontrer pour faire avancer la réconciliation palestinienne. Le Fatah d'Abbas et le Hamas ont conclu le 27 avril un accord prévoyant la formation d'un gouvernement de personnalités indépendantes en vue d'élections présidentielle et législatives d'ici à un an, resté inappliqué jusqu'à présent.
«L'inquiétude» des États-Unis
Les États-Unis ont fait part à Israël de leur «inquiétude» au sujet de certains des prisonniers palestiniens libérés en échange du soldat israélien Gilad Shalit, a admis le département d'Etat.
«Bouillonnement de joie» en France
La libération de Gilad Shalit a suscité d'innombrables réactions en France, du «très grand soulagement» de Nicolas Sarkozy au «bouillonnement de joie» des instances juives. Le chef de l'État a ajouté que le soldat franco-israélien serait «bientôt» reçu à Paris. Le portrait du soldat franco-israélien Gilad Shalit, installé dans le Jardin Yitzhak-Rabin à Paris, sera décroché ce matin lors d'une cérémonie présidée par le maire de la ville, Bertrand Delanoë.
7 réactions
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israel26
la particularite du peuple d israel...
en france un francais capture on le rapel a la fin du journal de 20 heure pour nous un solda israelien capture on pense on pri on vi avec l espoir infini de le voir rentrer en vi chez lui.. la particularite du peuple d israel est la fraternite indefinissable qui regne dans ce peuple si extraordinair... pk on parle de lui???? parsk on ne laisse pa tomber malgre la dificulte guilad est dans nos keur et nos esprits tout le temp et sa le monde il a du mal a le komprendre kar il ny a ken israel kon peu voir kelkechose pareil... libere un milier de teroriste parskon ne peu plu suporter savoir un des notre dans les mains d un peuple cruel teroriste et san keur... la est toute la force du peuple d israel la valeur et le sens de la vie...
Ajouté le 21 octobre 2011 à 15h43
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r_de...
Exact Corentin !
Il est vrai que les médias font tout un battage autour de ce "FRANCO-Français" qu'on a jamais entendu prononcer un mot de français ; pas plus que ses parents d'ailleurs ! Ils doivent maîtriser notre langue tout aussi bien que les FRANCO-français de Mayotte, vous savez, nos nouveaux "compatriotes" !!!
Et les journalistes français se gardent bien de les intervewer...
Que les médias arrêtent d'appeler "franco-machin, franco-bidule" tout étranger ayant un petit rôle dans un événement quelconque ! On est français ou on est étranger !
Et d'ailleurs que cache tout ce "foin" sur la libération d'un petit soldat isarëlien, mis à part le fait que, comme le souligne Corentin, cet israëlien "vaut" 1.000 palestiniens ? Je suis sûr que la France a encore dépensé des millions pour quelque chose qui ne nous regarde pas. On n'en fait pas tant pour nos soldats qu'on envoie en Afghanistan se faire tuer, aussi pour rien !
Ajouté le 20 octobre 2011 à 12h14
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Gab 29
palestine
Tant mieux pour ce soldat. Je constate, quand même, que le hamas est incapable de respecter l' adversaire, et n'a maintenu ce soldat en vie, que pour en faire une "monnaie" d'échange. Minable.......Tous les moyens sont bon pour faire la guerre n'est-ce pas ??.Ce soldat m'est apparu affaibli, amaigri et pâle. Sa santé est définitivement sabotée. Ce n'est pas le cas des prisonniers palestiniens qui, visiblement, ont été bien nourris par les Israëliens. Ils pourront reprendre leurs activités terroristes, dès à présent.........car en pleine forme.........Gab 29
Ajouté le 19 octobre 2011 à 13h30
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Jacobin75
trop c'est trop !
pourquoi nous informer des moindres faits et gestes de ce citoyen israélien, comme s'il s'était agi d'un prisonnier français, ce qui est absolument faux.
Il s'agit de "buzz" tout à fait déplacé.
Ajouté le 19 octobre 2011 à 13h11
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paul...
Je ne comprends pas ????
Non !! Je ne comprends pas tout ce tapage médiatique autour de affaire . Nous avons affaire à un "soldat" qui devait connaitre les "risques du métier" ....Je suis d'accord avec Corentin concernant sa double nationalité !! Et les otages "français" ??? . Silence radio sur toutes les chaines et la presse!! Déplorable !!!!!!!
Ajouté le 19 octobre 2011 à 12h46
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JLS
@CORENTIN
C'est une erreur que les médias commettent en dénommant cet homme: soldat franco-israélien.
Cet homme est israélien et militaire appelé, mais en tant que citoyen il possède la double nationalité franco-israélienne.
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Dans cette histoire tout le monde semble content, autant en Israël que chez les islamistes palestiniens, mais sans faire de cynisme sur le nombre, les palestiniens ont récupéré ou vont récupérer 1077 (477+550 à venir) terroristes supposés contre 1 citoyen (militaire appelé)
Moi ça me met mal à l'aise autant d'un côté que de l'autre, cela veut dire qu'un israélien vaut 1022 palestiniens ? Ou cela veut-il dire que les terroristes du hamas viennent de gagner le jackpot en récupérant 1022 prisonniers en libérant juste 1 israélien?
Ajouté le 19 octobre 2011 à 10h39
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CORENTIN
J'aimerais savoir
comment ce soldat est franco-israëlien d'autant que pour l'instant on ne l'a pas entendu prononcer un seul mot en français.
Ajouté le 19 octobre 2011 à 09h11
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