12 septembre 2009
Un candidat à la présidentielle au Gabon a déposé chez un huissier un recours devant le Conseil constitutionnel demandant l'invalidation de l'élection d'Ali Bongo, au motif que celui-ci serait adopté et aurait donc acquis la nationalité gabonaise.
"Les origines du candidat Ali Bongo Ondimba demeurent ambiguës. S'il est avéré que ce dernier a acquis la nationalité par adoption, il appartiendra à la Cour de constater l'irrégularité de l'élection", indique le texte du recours déposé par Luc Bengono Nsi, candidat malheureux (moins de 1%) à la présidentielle pour le Mouvement de Redressement national (Morena), le plus vieux parti d'opposition gabonais. "L'intérêt supérieur du Gabon est sérieusement mis à mal avec l'élection d'un candidat aux origines douteuses", ajoute le texte.
Selon une rumeur persistante au Gabon, Ali Bongo serait un orphelin de guerre du Biafra (Nigeria) et aurait adopté par Omar Bongo et son ex-épouse la chanteuse Patience Dabany. Pendant la campagne électorale, des messages téléphoniques sur internet affirmaient notamment qu'Ali Bongo était Nigérian.
En avril, Ali Bongo a formellement démenti la rumeur. "Quand je suis né, le Nigeria n'était même pas indépendant. Il (l')est devenu un an après et cette guerre du Biafra a commencé" en 1967, alors que "j'ai déjà 8 ans", a-t-il commenté.
Pour M. Bengono Nsi, qui fait partie du collectif de candidats contestant les résultats du scrutin, "il ne s'agit pas de xénophobie", mais "d'appliquer la loi. La Constitution prévoit ce cas. Il faut l'appliquer".
L'article 10 de la Constitution gabonaise stipule que "toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République".
