10 septembre 2012
Les regards de la zone euro seront braqués, mercredi, sur la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe qui doit rendre une décision cruciale, dernier obstacle à la mise en oeuvre du mécanisme de sauvetage de la monnaie unique. Cette institution très respectée des Allemands examine, depuis le 10juillet, six plaintes, visant à bloquer la ratification du mécanisme européen de stabilité (MES) et du pacte budgétaire, émanant, en particulier, des députés de la gauche radicale Die Linke, d'un élu conservateur et d'une association.
Pas de décision sur le fond
Les huit sages rendront une décision préliminaire en début de matinée et diront si le président allemand, Joachim Gauck, peut signer les textes de loi qui dotent la zone euro de ces nouveaux outils. Une fois cette décision rendue, la cour examinera ensuite, sur le fond, les plaintes, ce qui peut prendre plusieurs mois. Lundi, le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est dit «sûr» que la haute juridiction «ne bloquera pas ces traités». Pour la plupart des analystes, ilest acquis que le tribunal donnera son aval, mais il pourrait formuler certaines exigences préalables à l'adoption des deux mécanismes. Les plaignants reprochent auMES de violer la Loi fondamentale allemande (constitution), en forçant le pays à tirer un trait sur sa souveraineté budgétaire, de bafouer les traités européens. Et d'exposer les finances de l'Allemagne, premier contributeur aux plans d'aide, à un risque illimité en cas de défaut d'un pays membre. Le MES doit, à terme, remplacer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Doté de500milliards d'euros, il doit pouvoir recapitaliser directement les banques et acheter des obligations sur les marchés primaire et secondaire.
Le risque du référendum
En cas d'avis défavorable de la Cour, le MES devrait attendre encore quelques mois que son sort et sa capacité à agir au sein de la zone euro soient fixés. Cela n'entraînerait «probablement pas un effondrement de l'euro. Mais la volatilité sur les marchés financiers repartirait à la hausse, mettant fin à la récente période de calme qui a permis un lent retour de la confiance en zone euro», estimait Marie Diron, économiste chez Ernst & Young. Un tel scénario pourrait alors contraindre à «des mesures exceptionnelles et, notamment, un référendum» sur l'euro en Allemagne, qui ouvrirait un nouveau chapitre d'incertitudes, soulignait Mattias Kumm, spécialiste des questions constitutionnelles à l'université Humboldt de Berlin.
15 mai 2013 Ã 15h30
Bulgarie. Les conservateurs en tête des législatives
12 mai 2013 Ã 23h54
11 mai 2013 Ã 14h32

8 mai 2013 à 14h40 - 3 réaction(s)

7 mai 2013 Ã 08h12