12 octobre 2009 - 1 réactions
Il y a de la rébellion dans l'air. Des États américains défient le pouvoir fédéral et sont même tentés par la sécession. La crise a fait germer ces signes d'indépendance.
Lassés de payer des impôts qui financent deux guerres lointaines et des plans de relance dont ils ne voient pas les retombées concrètes, un nombre croissant d'Américains poussent leurs Etats à mettre en cause les lois fédérales, voire les pressent de faire... sécession. Qu'ils défendent un pouvoir accru des Etats ou leur séparation pure et simple de l'Union, ces Américains s'entendent sur un point: ras-le-bol d'avoir l'Etat fédéral sur le dos. «L'Etat fédéral a perdu son autorité morale, notre gouvernement est aux ordres de Wall Street», explique Thomas Naylor, chef de file du mouvement pour la Seconde République du Vermont. «L'empire s'écroule, voulez-vous couler avec le Titanic ou trouver une autre solution tant que c'est encore possible?», interroge-t-il.
Le Texas en avant-garde
Déjà active bien avant l'élection de Barack Obama, la veine anti-Washington a vu ses rangs grossir avec la récession, l'intervention grandissante de l'Etat dans l'économie et l'explosion des dépenses nationales. Des groupes actifs de sécessionnistes existent actuellement dans au moins dix Etats, dont le Texas, le Vermont, Hawaï et l'Alaska. Rick Perry, le gouverneur du Texas, s'est lui-même montré ouvertement favorable à la sécession. Indépendant entre1836 et1845, cet Etat du Sud a vécu sa dernière séparation en 1861 lorsqu'il a rejoint dix autres Etats esclavagistes du Sud contre les Etats du Nord. Ce n'est qu'après quatre ans de guerre civile (1861-1865) et 620.000 morts que l'Union a été rétablie. Aujourd'hui, si les sécessionnistes restent marginaux, les défenseurs d'une augmentation du pouvoir des Etats commencent à avoir une influence réelle. Ainsi, la moitié des Etats américains ont-ils refusé de mettre en application les nouvelles normes fédérales pour l'établissement des cartes d'identité. De même, 13 Etats ont légalisé la marijuana à usage médical, contrairement à la règle fédérale. Autre signe d'indépendance, le Tennessee et le Montana ne s'estiment pas tenus de se soumettre aux règles fédérales de fabrication des armes et des munitions.
