9 novembre 2009 - 2 réactions
En votant par 220voix contre 215 le projet de loi de réforme de l'assurance santé, la Chambre des représentants a permis, samedi, de placer Obama à portée de main d'une véritable révolution. Mais le suspense continue...
De notre correspondant à Washington.
Dans n'importe quelle autre grande démocratie parlementaire où le Parti au pouvoir détient 70 sièges de majorité à la Chambre et soixante voix sur cent au Sénat, cette réforme serait depuis longtemps passée comme une lettre à la poste. Mais avant-hier, près d'une cinquantaine de représentants démocrates ont voté contre ce projet d'assurance maladie universelle. C'est dire la limite de l'exercice.
«Intrusion de l'État»
La plupart de ces «Blue Dogs», comme l'on surnomme ces démocrates reaganiens héritiers d'un centrisme très à droite sur le plan fiscal, estimaient que ce projet était trop cher, 900milliards répartis sur dix ans, même si le Président Obama les avait assuré qu'il ne grèverait pas le déficit budgétaire abyssal des États-Unis. D'autres estimaient que le système de coopératives mutualistes autorisé par le projet revenait à créer un organisme de sécurité sociale garanti de près ou de loin par le gouvernement, une «intrusion de l'État dans les relations entre le patient et son médecin», qui reste culturellement, selon eux, une aberration. Quant à l'amendement réclamé par certains démocrates conservateurs, les élus républicains et la Conférence épiscopale de l'Église catholique, prévoyant que l'avortement ne serait pas remboursé à celles qui bénéficient de subventions du gouvernement pour cotiser, il n'a servi qu'à gagner quelques voix seulement, mais pas à accentuer le solde positif de suffrages en faveur de la réforme.
Parcours d'obstacles
Si bien que la question se pose de l'avenir immédiat de ce texte, sachant que la version issue du Sénat est moins audacieuse que celui de la Chambre. En outre, une majorité de 60 voix sur 100est requise, et non une majorité simple, pour adopter le projet si l'on veut neutraliser toute obstruction parlementaire de la minorité républicaine. Si cet obstacle est franchi, il faudra ensuite obtenir une synthèse des textes du Sénat et de la Chambre et la renvoyer devant les deux institutions pour un vote final. Est-ce possible d'ici à Noël? Le Président Obama l'a souhaité. On n'y est pas encore. Mais pour le Représentant du Michigan John Dingell, doyen de la Chambre et qui essayait, chaque année depuis 1955, de faire adopter un projet de loi sur l'assurance santé, «la Nation nous remerciera plus tard de ce que nous venons de faire».
Paimpol. La Poste change de statut. Un vote citoyen samedi