6 février 2012 - 1 réactions
«Mon coeur brûle quand je pense à ce qui s'est passé à Port-Saïd, et nous savons tous que la police est responsable», lançait un manifestant, hier, auCaire. Dans la capitale égyptienne, protestataires et policiers anti-émeutes s'affrontaient encore, au quatrième jour de heurts déclenchés par la mort de 74 personnes à l'issue d'un match de football, à Port-Saïd, mercredi. Les forces de sécurité sont accusées d'avoir laissé faire. Des centaines de policiers bloquaient les rues menant au ministère de l'Intérieur et tiraient des gaz lacrymogènes pour contrôler des dizaines de manifestants lançant des pierres et des cocktails molotov.
Un mur de béton construit à travers la rue Mansour
La police a construit un mur de béton en travers de la rue Mansour, devenue l'épicentre des violences, et s'abritait derrière des rouleaux de barbelés dans d'autres rues de ce secteur proche de la place Tahrir. Des manifestants ont capturé un homme qu'ils ont présenté comme un officier de police en civil, le ramenant derrière leurs lignes sous les hourras, pendant que certains tentaient de le protéger des coups. Selon un médecin, Mostafa Nabil, la police a lancé un assaut, tirant à la chevrotine et arrêtant des médecins d'un hôpital de campagne, qui ont été libérés peu après. Depuis le début des manifestations et des affrontements jeudi, douze personnes ont été tuées auCaire et à Suez et 2.532 blessées, dont des policiers et des manifestants. Des Égyptiens sont descendus dans la rue pour réclamer le départ du pouvoir militaire, accusé d'inaction face aux violences dans le stade. Parmi les victimes à Port-Saïd, se trouveraient des «ultras», supporteurs de foot bien organisés et politisés, qui ont participé aux manifestations ces derniers mois contre l'armée au pouvoir depuis la chute du président Moubarak, il y a un an.

27 mai 2012 à 13h23
27 mai 2012 à 11h57
27 mai 2012