20 janvier 2012
Le musicien ne savait pas nager.
Giuseppe Girolamo, un musicien de 30 ans originaire de Bari (sud de l'Italie), travaillait seulement depuis le 4décembre pour les croisières Costa. La dernière photo de ce beau jeune homme, postée sur sa page Facebook, remonte au 27décembre lorsqu'il pose, souriant, sur le navire avec des amis, tous coiffés de bonnets de Père Noël, ses baguettes de batterie à la main. Selon des témoins, il jouait dans une salle du navire lorsque la collision contre le rocher s'est produite. Un collègue affirme qu'il a embarqué à bord d'une chaloupe, avant de laisser sa place à un enfant. D'autres l'ont vu ensuite sur le quatrième ou le cinquième pont, muni de son gilet de sauvetage et très tendu. Il ne savait pas nager.
La petite fille a glissé, son père avec elle.
Venus de Rimini (sur la côte adriatique de l'Italie), William Arlotti, 36 ans, et sa fille Dayana, cinq ans à peine, ont été vus pour la dernière fois par la compagne de celui-ci, lors de l'évacuation chaotique du navire. La jeune femme a été séparée d'eux au moment de monter dans les chaloupes. Tous les trois se trouvaient dans la partie où les passagers ont pu se sauver, mais on les a poussés à aller dans l'autre partie, qui a commencé à s'incliner. Quand ils ont voulu retourner en arrière, la fillette a glissé et son père avec elle.
Un ultime message SMS.
Le dernier message de Mylène, 23ans, et de son compagnon, Mickaël, 25ans, de Sarcelles (Val-d'Oise), remonte à vendredi soir, 23h15, une heure et demie après le choc du navire contre un rocher sur l'île du Giglio. Dans un SMS à ses parents, Mickaël écrit: «Ya le bato kil est penchè on a les gillet de sauvtage c juste pour vous prèvenir on doit partir dans les petit bato c la merde car toute le monde se pousse on vous informe d kon a des nouvel.» Depuis, plus rien. Les parents s'accrochent à l'espoir: «Tant qu'on n'a pas retrouvé les corps, on veut y croire.»
Le voyage de trop.
Originaires de Bavière, Angelika, 57 ans, retraitée, et son amie Gaby, 52ans, employée administrative, effectuaient leur cinquième voyage ensemble sur le Costa Concordia. Lors de l'évacuation, «les gens se tapaient dessus», a raconté Angelika. Et lorsque trois personnes en chaise roulante se sont présentées, «on leur a laissé la place». Les deux femmes ont ensuite glissé sur toute la largeur du pont, et se sont perdues de vue. Gaby n'est pas réapparue.
Elle n'aurait pas dû repartir dans sa cabine.
Les Siciliennes. Maria Grazia Trecarichi, 50 ans, et Lucia Virzi, 49 ans, voyageaient avec la fille de l'une d'entre elles et son fiancé. Elles s'apprêtaient à monter dans des chaloupes quand l'une d'entre elles, saisie par le froid, a décidé de repartir chercher quelque chose dans sa cabine. Arrivée sur la côte, la fille a appelé sa mère qui l'a rassurée: «Oui, oui, nous sommes sur des chaloupes». Un pieux mensonge. Quelques minutes plus tard, elle a appelé son mari, lui a expliqué le chaos à bord, puis rappelé: «On est en train de finir dans la mer.»
La douleur d'un père.
ErikaSoria, 25 ans, était péruvienne et servait dans un bar du paquebot. Elle a été vue pour la dernière fois dans une chaloupe. Son père est venu du Pérou pour la chercher. Et ne décolère pas contre «l'impunité» en Italie, depuis que le commandant de bord, cible d'accusations, est sorti de prison pour être assigné à résidence.
23 février 2012 à 08h06 - 1 réaction(s)
23 février 2012
23 février 2012
