23 octobre 2009
Hervé Le Treut, directeur de recherches au CNRS et membre du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) participait mercredi à un colloque international sur le climat à Brest. Il fait le point sur les dernières données disponibles sur le réchauffement climatique.
Quels sont les enseignements nouveaux liés au réchauffement climatique?
On ne mesure pas à quel point, en cinquante ans, on a changé d'époque. Nous sommes passés d'une concentration de 1,5milliard de tonnes de carbone émises dans l'atmosphère à 7,5milliards, voire neuf milliards en comptant la déforestation. Et on commence seulement, depuis deux décennies, à en voir les premiers effets, avec la fonte du Groenland, le recul de la banquise...
Que doit-on craindre?
Ce qui nous attend, c'est une extension de ces effets. Et au-delà du réchauffement climatique, un changement des régimes des pluies, un relèvement du niveau de la mer (trois millimètres par an actuellement). Des régions, comme le pourtour du bassin méditerranéen, vont se désertifier alors que les régions équatoriales auront trop d'eau. Les typhons et ouragans ne seront pas plus nombreux, mais ils seront plus puissants. Il est à craindre une salinisation des ressources en eau douce et une vulnérabilité côtière due aux tempêtes.
Quelles réponses apporter?
Il faut réduire les gaz à effet de serre, le CO2 - le premier en terme de volume -, le méthane, l'oxyde d'azote, lié à l'agriculture. La réduction de leur émission passe très largement par une réduction de la consommation de pétrole, de charbon, de gaz naturel ou d'engrais en agriculture. Mais le problème est inexorable car les gaz à effet de serre restent longtemps - cent ans - dans l'atmosphère, s'accumulent et ont un effet durable.
Auray. Urgence climatique. Conférence débat lundi au Petit théâtre