2 octobre 2009
Pour marquer les 60 ans du régime communiste, les Chinois ont vu les choses en grand, hier. Au programme: parade militaire et défilé civil dans une ville de Pékin totalement bouclée.
La place Tian'anmen, à Pékin, avait revêtu ses habits de fête, hier matin. Dans un discours prononcé sur la terrasse de la Porte de la paix céleste, là même où Mao Zedong avait proclamé la fondation de la République populaire chinoise il y a 60 ans, le numéro un chinois Hu Jintao, a loué le renouveau de la Chine. «Aujourd'hui une Chine socialiste, face à la modernisation, au monde et à l'avenir, se tient fermement debout à l'Est», a affirmé le président de la République et secrétaire général du Parti, ajoutant que «seul le socialisme peut sauver la Chine». 200.000 Chinois ont participé à la cérémonie qui a duré deux heures et demie. Pour l'occasion, Pékin s'est livré à une véritable démonstration de force: des milliers de militaires ont parcouru, en formations serrées, l'avenue Chang'an pour se rendre place Tian'anmen, survolés par les avions. La plus grande armée au monde a exhibé de nouveaux armements, comme des missiles, des avions et des drones. Un défilé civil a suivi, dans la plus pure tradition socialiste. Le soir, un spectacle pyrotechnique, qui a embrasé le ciel de la capitale, ponctué de chansons patriotiques et d'hymnes des minorités ethniques.
Plus de policiers que pour les JO
En ces temps de crise économique et de tensions intérieures, avec notamment les récentes émeutes meurtières au Xinjiang (nord-ouest) ou celles du Tibet l'année dernière, la Chine a surtout voulu afficher unité et force. La place Tian'anmen et ses alentours étaient particulièrement colorés avec une prédominance de rouge et de jaune, les couleurs du drapeau national. Malgré l'ambiance de fête sur la place, les festivités se sont déroulées dans un climat sécuritaire, avec un déploiement de forces de l'ordre encore plus important que lors des JO l'année dernière. Le centre de Pékin, ville de 17millions d'habitants, avait été interdit au public dès mercredi soir et seuls les diplomates, attachés militaires et la presse ont pu accéder à la place Tian'anmen. Les autorités avaient conseillé à la population de regarder les festivités à la télévision. Cette cérémonie, préparée depuis des mois, a aussi été marquée par des entraves au travail des journalistes étrangers.
