31 octobre 2009
C'est une véritable opération séduction que les maisons de luxe françaises ont lancé à destination des jeunes Chinois. Contrairement à ailleurs, le marché y est plus que porteur.
Le constat est simple: sur le continent américain, les ventes des produits de luxe devraient baisser cette année de 16%, selon le cabinet Bain et Company. Le recul devrait atteindre 10% au Japon et 8% en Europe. Dans le même temps, elles devraient faire un bond de 12% en Chine continentale. Au total, le dynamisme chinois devrait permettre de limiter cette année la baisse des ventes mondiales du luxe à 8% pour un total de 153milliards d'euros, selon Bain. Et les griffes du luxe ne s'y sont pas trompées et multiplient les ouvertures de boutiques. Pour des marques comme Louis Vuitton ou les cognacs Hennessy, «la clientèle chinoise est devenue depuis le début de l'année la deuxième au monde», indique-t-on chez LVMH qui contrôle les deux marques. Selon les analystes, le numéro un mondial du luxe réaliserait en Chine continentale entre «5 et 10%» de son chiffre d'affaires. La marque italienne Gucci (Gucci group, branche luxe de PPR) est logée à la même enseigne: elle dispose de 39 magasins en propre en «Grande Chine» (Chine ainsi que Hong Kong et Macao) où elle réalise 19% de son chiffre d'affaires, précise PPR. Résultat, la part de marché chinois dans le chiffre d'affaires des maisons de luxe français est passée en moyenne de 4,5% à 8% en quatre ans, et pour certaines «jusqu'à 25%». Le rythme des ouvertures de boutiques de luxe va se poursuivre. Sur les 300 escomptées à l'échelle mondiale en 2009, 15% seront situées en Chine, selon cette étude.
400millions d'internautes
Le Comité Colbert, qui réunit 70maisons de luxe françaises, ne s'y est pas trompé en lançant jeudi son premier portail destiné principalement aux jeunes Chinois et qui se veut un «voyage virtuel interactif pour découvrir le luxe et la culture français». Comme l'a rappelé jeudi l'ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, à l'occasion du lancement du site, «la Chine représente le troisième marché mondial du luxe». Non sans humour, il a souhaité au Comité Colbert que ce site «soit parcouru par la moitié des internautes chinois qui sont... 400millions». Ce d'autant, comme le souligne Bain et Company, que «les plus jeunes et de nouveaux entrants comme les femmes qui travaillent vont devenir les segments dominants du marché du luxe remplaçant les baby boomers qui vieillissent et partent à la retraite». De quoi permettre au luxe français de bien se porter pendant quelques années.
