20 octobre 2009 à 18h50 - 1 réactions
La Cimade a annoncé aujourd'hui qu'un charter franco-britannique devait faire escale à Lille ce soir pour embarquer une quinzaine de ressortissants afghans. Martine Aubry souhaite empêcher cette expulsion du territoire français. Même à droite, les dents grincent. La députée UMP du Nord, Françoise Hostalier, demande à Eric Besson de "renoncer" à son projet.
Un vol charter franco-britannique est programmé ce mardi soir. Selon Europe 1, il fera escale à Lille-Lesquin et concernerait "une quinzaine de ressortissants afghans". L'information a été confirmée par des sources policières. Selon La Dépêche "16 Afghans" doivent bien embarquer " à bord d'un avion mardi soir vers 23 h" et ils seront "encadrés par huit policiers français".Ce vol groupé serait le premier depuis 2005.
"Faire en sorte que le charter ne décolle pas"
Martine Aubry, maire de Lille, veut empêcher cet avion d'arriver à destination. "C'est incohérent. La France fait la guerre aux talibans et renvoie dans les mains des talibans ceux qui ont quitté leur pays parce qu'ils étaient justement les victimes de ceux-ci. C'est inacceptable", déclare la première secrétaire du PS.
Et de prévenir le gouvernement : "Nous serons tous mobilisés ce soir à Lille-Lesquin (...) Ce sont des professeurs, des médecins, des instituteurs, des infirmières. J'en ai beaucoup dans ma ville et dans notre région. On va être là pour essayer de faire en sorte que le charter ne parte pas". a-t-elle ajouté.
"Un crime contre le droit d'asile"
Harlem Désir, l'eurodéputé socialiste, demande l'intervention du président du Parlement européen évoquant un "crime contre le droit d'asile". Il demande au gouvernement de "renoncer à cette expulsion indigne".
Même à l'UMP, une voix s'élève
La députée UMP du Nord Françoise Hostalier demande "instamment" au ministre de l'Immigration, Eric Besson, de "renoncer" au projet de renvoi de réfugiés afghans par charter. L'élue du Nord demande, avant toute procédure de retour en Afghanistan, "qu'il soit vérifié, avec les autorités afghanes en France et notamment l'ambassade d'Afghanistan à Paris, que les réfugiés sont volontaires pour ce retour et qu'ils ont renoncé à leur demande de droit d'asile en France". Selon Françoise Hostalier "parfois des défauts de traduction et d'interprétation ne permettent pas aux migrants d'avoir l'entière connaissance de leurs droits".
Recours déposé
Justement, la Voix du Nord rapporte qu'un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Lille pour s'opposer à l'expulsion d'Afghans. Le dossier devait être étudié en début d'après-midi.
