13 août 2009
L'Autorité maritime maltaise (MMA) a estimé, hier, que le cargo Arctic Sea, pourrait être en haute mer dans l'Atlantique. L'Arctic Sea, navire battant pavillon maltais et armé par la société finlandaise Sol Chart, est chargé d'une cargaison de bois finlandais estimée à un million de livres (1,16million d'euros). Il a quitté la Finlande pour l'Algérie le 23 juillet.
Abordé par des hommes masqués
Sept jours plus tard, la police suédoise annonçait que le cargo avait été abordé le 24 juillet par des hommes masqués, alors qu'il se trouvait en mer Baltique. Ces hommes seraient restés à bord une douzaine d'heures. Le 3 août, Interpol lançait une alerte, évoquant également un abordage.
Acte sans précédent dans les eaux européennes
Entre-temps pourtant, les garde-côtes britanniques de Douvres étaient entrés en contact avec le navire, le 28 juillet. Rien de suspect, mais si le piratage était avéré, il s'agirait d'un acte sans précédent dans les eaux européennes, selon les garde-côtes.
Pas passé par Gibraltar
Dernier contact connu: le 31juillet, avec la police suédoise. Dans la nuit, le navire s'est signalé lors du passage du «rail» d'Ouessant, au large de Brest. L'Autorité maritime maltaise a indiqué, hier, que le cargo "pourrait s'être dirigé vers la haute mer, dans l'Atlantique car il n'a pas traversé le détroit de Gibraltar".
"Un nouveau mode opératoire"
Depuis, alors que le cargo était attendu le 4août à Béjaïa, en Algérie, le mystère reste entier sur son sort "S'il s'agit d'un acte criminel, il semble suivre un nouveau mode opératoire», a estimé Graeme Gibbon-Brooks, expert maritime.
"Il semble probable que le navire va se diriger vers la côte ouest de l'Afrique", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il était courant que des cargos chargés de bois soient détournés et repeints après avoir été déchargés.
"Où est la rançon ?"
L'affréteur du cargo, Victor Matveïev, interrogé par l'Express, pense "qu'il est probable que le navire ait été piraté". Cette thèse fait cependant douter certains experts. "Si c'était le cas, où est la rançon ?", s'interroge David Osler, expert auprès de la revue spécialisée Lloyds List. Le spécialiste évoque la possibilité d'une "affaire de stupéfiants qui a mal tourné" ou d'un vol de bateau: "Mais le bateau a été construit en 1991".
Un différend commercial ?
"Qui se donnerait tout ce mal pour ça?» Nick Davis, qui dirige la société de sécurité maritime Merchant Maritime Warfare Centre, privilégie, quant à lui, l'hypothèse d'un "différend commercial" avec le propriétaire du bateau. Piraterie ou non, l'important n'est pas tellement là, estime cependant Marck Dickinson, secrétaire général du syndicat de marins Nautilus International.
Inquiétant au XXe siècle
Le responsable souligne avant tout que, "au XXIesiècle, il est inquiétant qu'un navire puisse apparemment être aux mains de pirates et naviguer dans les eaux les plus fréquentées du monde sans que l'alerte soit donnée".
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22 mai 2012 à 16h38 - 9 réaction(s)