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Antarctique. Nouvelles menaces sur le sanctuaire ?

5 novembre 2011

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La Russie a testé, il y a peu, la volonté de ses partenaires de continuer à protéger les ressources minérales de l'Antarctique. La pression augmente sur les richesses du Continent blanc.

La prospection des ressources minérales est interdite en Antarctique, sauf pour la recherche scientifique. Le Continent blanc est protégé par le Protocole de Madrid, entré en vigueur en 1998 pour 50 ans. L'Antarctique a été alors nommé «réserve naturelle consacrée à la paix et à la science».
Fatalement, alors que les gisements de matières premières s'épuisent un peu partout sur le globe, les trésors du Continent blanc, sont de plus en plus convoités. La belle utopie internationale qui échappe à la course consumériste survivra-t-elle ? Le XXIe siècle s'ouvre avec de nouvelles menaces. Au nord, l'océan Arctique est déjà la proie des pays avides de ses gisements d'hydrocarbures.

Un texte ambigu
Les mêmes gros consommateurs émergents, la Russie, la Chine, balisent aussi le territoire antarctique. En juin dernier, en Argentine, la Russie a frappé les esprits lors de la 34e réunion du Traité sur l'Antarctique qui réunit les pays signataires. «Le délégué russe a lu un rapport qui précise l'objectif de renforcer la capacité économique de la Russie, grâce aux investigations complexes portant sur les ressources minérales, en hydrocarbures et autres ressources naturelles de l'Antarctique», explique Yves Frenot, directeur de l'Institut polaire Paul-Émile-Victor. Émoi parmi les autres partenaires, d'autant que la Russie est bien signataire du Protocole de Madrid.
«Cela a jeté un froid, ajoute le directeur de l'Institut polaire. Les délégués des autres pays ont demandé des précisions que le Russe a apporté tout de suite, en disant que le texte ne concernait évidemment que des activités à caractère scientifique».

«Un ballon-sonde»
«En fait, il s'agissait sans doute d'un ballon-sonde pour voir les réactions des autres pays», continue Yves Frénot. La menace est donc réelle à terme. «Jusqu'en 2048, il ne se passera rien, résume-t-il. Ensuite, le principe de rediscuter le protocole, et notamment le moratoire sur les ressources naturelles, peut être demandé. Il y a des verrous et la barre a été placée très haut. Il faudrait 25 pays, sur les 28 signataires, pour une modification du texte. Mais un pays pourra passer outre, tout simplement en se retirant du traité. Le risque existe donc; il augmente avec la pression sur les ressources naturelles. Mais les outils sont assez robustes pour tenir jusqu'en 2048, et ensuite pour favoriser le maintien de la protection.»

  • Ronan Larvor
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