25 janvier 2012
À trois jours de la visite en France du président afghan, Hamid Karzaï, la mort des quatre soldats français tués vendredi par un soldat afghan formé par les troupes françaises, continue de secouer la classe politique en France. Au coeur des joutes, la question du retrait des troupes. Après que le Sénat et l'Assemblée ont observé, hier, une minute de silence en mémoire des quatre soldats, auxquels Nicolas Sarkozy rendra un hommage national aujourd'hui, à Varces, en Isère, Alain Juppé a précisé que le pays n'entendait «pas céder à la panique» et retirer totalement ses troupes en 2012. Ce que promet François Hollande, s'il remporte la présidentielle.
Un «retrait immédiat pas réfléchi»
«Quand j'entends parler de retrait immédiat, fût-ce à la fin 2012, je ne suis pas sûr que ceci ait été mûrement réfléchi et étudié», a affirmé Alain Juppé en réponse à l'opposition socialiste. Et de rappeler, qu'après un retour de 400 hommes, un millier de militaires français auront regagné Paris d'ici à la fin de l'année. Le pays compte 3.600 soldats en Afghanistan. 82 y ont trouvé la mort depuis fin 2001. Le premier ministre, François Fillon, est lui aussi monté au créneau pour souligner que «notre mission n'est pas terminée», contrairement à ce qu'a estimé François Hollande, dimanche, au Bourget. Appelant au «sang-froid», le chef du gouvernement a rappelé que Paris avait «immédiatement» pris les mesures qui «s'imposaient» pour assurer la sécurité des troupes après vendredi, «en suspendant les activités de formation aux côtés de l'armée afghane» et chargeant le ministre de la Défense d'évaluer sur place «les conditions de sécurité de nos soldats». «Le président de la République annoncera les conclusions qu'il tire de cette évaluation après les avoir partagées avec le président Karzaï», a-t-il précisé.
23 mai 2012 à 18h15