Afghanistan. Des familles françaises contre-attaquent [Vidéo]
Ils ont perdu un fils, un mari ou un père : plus d'un an après l'embuscade d'Uzbin dans laquelle dix soldats français ont été tués le 18août 2008 dans l'est de l'Afghanistan, deux familles ont décidé de déposer plainte.
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«Le minimum qu'on nous doive, c'est quand même la vérité, pour la mémoire de nos enfants, pour que ce genre de drames ne se reproduise pas.» Joël Le Pahun ne décolère pas, plus d'un an après la mort de son fils. Julien, grenadier-voltigeur au 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine de Castres (Tarn), est décédé sous les balles des talibans à l'aube de ses 20 ans. Joël Le Pahun va déposer une plainte contre X pour «mise en danger de la vie d'autrui». Une seconde émanera de l'ex-épouse du sergent Rodolphe Penon, 40ans, infirmier du 2eRégiment étranger de parachutistes de Calvi (Haute-Corse), qui agit au nom des deux enfants du défunt. Les plaintes seront déposées, lundi, auprès du tribunal aux armées à Paris, selon l'avocat des familles.
«Intervention mal préparée»
«Il est évident qu'un militaire risque sa vie, mais c'est autre chose de risquer sa vie dans une intervention mal préparée; des fautes ont été commises par des responsables», a dénoncé Me Collard. Joël Le Pahun estime en effet que les dix soldats tombés dans la vallée d'Uzbin (neuf dans l'embuscade et un le lendemain) ont d'abord été victimes d'un «manque de moyens évident». Il en veut pour «preuve» la décision, solennellement annoncée, dès septembre2008, à la tribune de l'Assemblée par François Fillon, d'équiper les soldats de nouveaux gilets pare-balles et de déployer des hélicoptères supplémentaires, des drones et de l'artillerie.
Le commandement mis en cause
Seconde interrogation: le commandement. «On demande une enquête, ce n'est pas contre l'Armée» mais «contre certains officiers qui n'ont pas été à la hauteur de leur mission», estime Joël Le Pahun, avant de rappeler qu'au moment de l'embuscade, «deux hélicoptères servaient à une opération VIP à Kaboul». Le père de Julien aimerait aussi «savoir pourquoi il n'y a pas eu de reconnaissance sur le terrain». A toutes ces interrogations, le ministère de la Défense et l'état-major des Armées estiment avoir déjà répondu. Le porte-parole du ministère de la Défense a rappelé que les familles avaient été invitées à deux reprises à se rendre à Kaboul. L'embuscade d'Uzbin, a-t-il également relevé, a fait l'objet d'un «retour d'expérience conduit par l'état-major des armées, comme pour chaque opération». Aucune enquête de commandement n'a cependant été ouverte après l'embuscade et aucun officier n'a été sanctionné, l'état-major estimant qu'aucune faute n'avait été commise. Le général Michel Stollsteiner, alors commandant des forces de l'Otan dans la région de Kaboul, avait tout juste admis une semaine après cet événement: «Nous avons péché par excès de confiance».
9 réactions
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Cédric
Faut pas pousser non plus !!!
Madame SKLE, comparer l'armée française à des samouraïs, surtout dans cette guerre là, c'est un peu fort. L'armée française n'a peut être pas d'énormes moyens, mais les talibans en ont beaucoup beaucoup moins. Le seul avantage qu'ils ont c'est le terrain tout comme les américains au vietnam ou les soviétiques en Afghanistan. Voilà pourquoi il est extrêmement compliqué de faire une guerre dans ces conditions, mais c'est le travail que le militaire choisi quand il s'engage, ou plutot le risque. Il ne peut pas forcément y avoir que des bons côtés à être militaire, et les guerres de l'histoire nous le rappelle systématiquement.
Ajouté le 02 novembre 2009 à 17h57
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skle...
point de vue
Moi j'aurais plutôt comparer la situation de l'armée française à celle des Samouraïs qui allait combattre l'ennemi, lui, armé de fusils et de canons alors qu'eux même non que des sabres. En toute logique, il y a des morts et des défaites. Je comprends votre point de vue Monsieur Gilbert mais je crois que nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Avec tout mon respect pour le militaire que vous avez été.
Ajouté le 31 octobre 2009 à 14h59
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Gwenjo
comprendre...
je comprends la réaction des familles portant plainte, mais je ne le conçois pas. Certe savoir la vérité est une chose mais au détrimant de qui???!!! De Nos soldats,mari et Amis??!!nos soldats encore basés en Afgha non pas besoin d'avoir de doute en leur Chef.Parce que c'est eux qui risquent encore de se prendre la colère des talib.Cette plainte est comme David contre Goliaht.
Ajouté le 30 octobre 2009 à 21h33
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GIBUS29
NE PAS TOUT MELANGER
Madame SKLE, je vous comprends parfaitement, mais dans les exemples que vous donnez, les intéressés ne signent pas en donnant leur vie pour la nation.
Les sapeurs-pompiers, eux aussi, savent que lorsqu'ils vont au feu, ils risquent leur vie, et pourtant ils font leur métier avec bravoure et honneur.
Quant aux équipements, même les plus modernes n'empêchent pas à un militaire de mettre sa vie en danger.
Il ne faut pas tout mélanger.
A ce train là, on va finir par déposer plainte à l'encontre des fabriquants de voitures parce qu'il y a des morts sur les routes ...... !
Gilbert
Ajouté le 30 octobre 2009 à 16h39
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skle...
je constate
Moi femme de militaire je suis un peu outrée des propos de gibus 29 et de corentin. Le problème n'est pas que les militaires décèdent en mission ça on le sait ça fait "partie du boulot". Le hic vient notamment des équipements. Ils sont obsolètes. La France se prend pour une super puissance militaire et veut se voir sur tous les fronts comme les Américains mais les budgets et équipements ne suivent pas.
De plus Monsieur corentin si la solde était si bonne je le saurais mais faut savoir que si je ne travaille pas nous sommes sous le seuil de pauvreté......
Ajouté le 30 octobre 2009 à 15h23
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agri...
Chair à canons et à rayons.
Selon certains il est donc normal de voir des militaires mourir pour des causes politiciennes dont le petit peuple ignore les tenants et les aboutissants. Par conséquent il est normal de voir un cheminot passer sous un train ou un électricien EDF se faire électrocuter. Par extension, peut-être est-il dans l'ordre des choses de se suicider au travail.
Il est normal que les victimes ou ayants droit demandent à connaître les conditions du drame. D'autant que les militaires ne bénéficient pas du régime "favorable" des maladies professionnelles ou accidents du travail. Ils sont soumis au code archaïque des Pensions militaires d'invalidité dont le Médiateur de la République a souligné l'inadaptation notamment pour ce qui concerne les marins contaminés lors des expérimentations nucléaires de Polynésie.
Le décret n° 59-327 du 20 février 1959 qui fixe les conditions de désignation des "juges assesseurs" est obsolète et autorise tous les arrangements entre les petits copains des amicales commémoratives.
Avez-vous pensé au sort injuste réservé aux veuves et aux orphelins? Surtout quand on voit l'argent gaspillé pour l'oisiveté institutionnelle des 35h, RTT, récup' ou les dépenses engagées pour le bon plaisir de nos chers élus.
Ajouté le 30 octobre 2009 à 14h12
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GIBUS29
FIN DES ARMEES EN FRANCE
Bien que je comprenne parfaitement le chagrin des familles touchées par la perte tragique de l'un des leurs, je n'approuve pas leur décision de déposer une plainte.
Si les plaintes sont poursuivies, je ne vois plus l'utilité d'avoir des armées dans notre pays.
Je suis un ancien militaire et lorsque j'ai signé mon engagement, je savais que je mettais ma vie au service de la nation.
Un militaire qui perd la vie au combat a accompli la phase ultime de son engagement et mérite tous les honneurs de la nation.
Les familles doivent comprendre le sens profond d'un engagement pour un militaire.
Mon fils est actuellement en opération et risque sa vie pour en sauver d'autres et cela est tout à son honneur, avec les risques que cela comporte.
Mais il faut avoir été ou être militaire pour en saisir toute la portée.
Gilbert
Ajouté le 30 octobre 2009 à 13h47
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guib...
Des familles françaises contre-attaquent
Je considère saine cette réaction de ces familles, mais ce recours légitime, à mon avis, contre une éventuelle faute de commandement, pose la question du manque de moyens accordé à nos troupes.
Ceux qui sont opposés à cette intervention, et qui s'indignent de la mort de nos soldats, en seront-ils culpabilisés pour autant ?
J'en doute !
Ajouté le 30 octobre 2009 à 12h15
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CORENTIN
ETONNANT
Les militaires ne savent donc pas que faire la guerre est dangereux. Ils imaginent peut-être que leur carrière ne doit comporter que quelques exercices tout en ayant la sécurité de l'emploi et une bonne solde !
Ajouté le 30 octobre 2009 à 11h49