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Japon. la hantise des radiations freine le traitement des déchets du tsunami

30 janvier 2012

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Dix mois après la catastrophe de Fukushima, il reste beaucoup de monceaux à traiter, dans les villes du littoral nord-est du Japon. Une tâche rendue plus rude par la radioactivité. Ravagée par le violent séisme et le tsunami gigantesque qui ont tué plus de 19.000 personnes, la côte Pacifique du Japon est un vaste champ de ruines.

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Une grande partie des détritus ont été déblayés et regroupés, mais le tri et le traitement (recyclage, incinération) sont loin d'être achevés et ces montagnes de déchets représentent un danger (effluves, incendies, etc.). "Notre espoir est que tout soit le plus vite possible enlevé pour revenir ensuite à une vie normale", confie un résident de l'agglomération saccagée d'Onagawa. "Nous voulons terminer en trois ans, mais si les choses se poursuivent au rythme actuel, cela semble difficile, il faut absolument accélérer", indique pour sa part le ministre de l'Environnement, Goshi Hosono, également chargé du suivi de l'accident nucléaire de Fukushima. "Nous prenons des dispositions supplémentaires, comme la construction de sites temporaires d'incinération, mais même cela ne suffira pas", poursuit-il.
 
16 millions de tonnes de détritus
De fait, selon le ministre de l'Environnement, il n'y a d'autres solution que de faire appel à la solidarité nationale et de mobiliser des infrastructures dans toutes les régions pour se débarrasser rapidement des 16 millions de tonnes de détritus de la préfecture de Miyagi (la plus touchée) et des 4,42 millions d'Iwate. La ville de Tokyo a déjà accepté de prendre en charge une partie des débris, "mais les autres localités n'ont rien décidé", déplore le ministre. Les autorités locales rencontrent l'opposition de leurs administrés qui craignent la contamination radioactive des déchets de Miyagi et Iwate, deux préfectures proches de celle de Fukushima, ainsi que les risques de dispersion lors de la combustion, fût-ce dans des lieux dédiés.

Des mesures de traitements très contrôlées
Le gouvernement tente de rassurer en expliquant que les installations sont pourvues de filtres assez fin pour empêcher le passage des particules radioactives. Tokyo, qui a entrepris le traitement de déchets de Miyakoshi (préfecture d'Iwate), assure prendre de multiples précautions. Les détritus sont scrupuleusement triés sur les lieux de la catastrophe à la main et avec des engins de chantier (retrait des objets et matières dangereuse, séparation bois, plastique, métaux, etc.). Toutes les heures est mesurée la radioactivité de l'air dans la zone de tri, dans quatre directions différentes. Une partie est traitée sur place. Le reste est stocké temporairement en attendant le résultats de nouvelles mesures de radioactivité.

Pas de risque
Les déchets ne présentant pas de risques sont chargés dans des containers, puis de nouveau mesurés avant d'être transportés par train jusqu'à Tokyo où ils sont brûlés. "La radioactivité mesurée dans les cendres est de 133 becquerels par kilogramme, c'est moins que le niveau temporaire fixé pour la nourriture, il n'y a pas de danger et pas lieu de s'inquiéter", argue M. Hosono. Son ministère affirme que des dispositions sont prises pour s'assurer que les personnes qui oeuvrent dans les zones de tri et d'incinération ne risquent pas d'être exposées à un niveau de plus d'un millisievert par an (maximum autorisé pour le grand public en temps normal). our les citoyens des environs, le surcroît ne doit pas dépasser 0,01 millisievert par an.

"Nous voulons à tout prix nous reconstruire. Pour ce faire, il faut au plus vite que nous évacuions ces déchets. Je souhaite vraiment que les habitants de Tokyo et des autres régions comprennent la situation dans laquelle nous sommes", implore Yoshiaki Suda, maire d'Onagawa.

  • La rédaction avec AFP
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