16 février 2009
La tension sera à son comble aujourd'hui, à 10h, à la reprise du procès d'Yvan Colonna devant la cour d'assises d'appel de Paris, toutes les parties ayant passé le week-end à préparer la riposte aux révélations faites, vendredi, par un proche de Claude Erignac, Didier Vinolas. Ce dernier a affirmé détenir les noms de deux suspects de l'assassinat du préfet de Corse qui seraient «peut-être» encore en liberté. La défense d'Yvan Colonna, qui a toujours nié avoir participé à ce crime, a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait porter plainte pour «entrave à la manifestation de la vérité», car Vinolas affirme avoir transmis deux noms au procureur de la République de Paris, Yves Bot, dès 2002. Le président de la cour d'assises, Didier Wacogne, peut faire le choix de faire citer Yves Bot comme témoin pour vérifier qu'il a bien reçu ce renseignement. Il peut également ordonner un complément d'information qui serait confié à des policiers ou qu'il peut mener lui-même. Un supplément d'enquête suspendrait le procès pour plusieurs semaines.
La défense menace de quitter le procès
Didier Wacogne sera d'autant plus coincé que la défense d'Yvan Colonna menace de quitter le procès s'il ne fait pas droit à leurs demandes, notamment la remise en liberté immédiate de l'accusé. Les parties civiles parlaient hier d'une tempête dans un verre d'eau. Elles pointaient le fait que ces révélations ne changeaient «pas la lecture du dossier» et n'avaient «aucune conséquence sur la culpabilité d'Yvan Colonna», selon les termes de Me Benoît Chabert.
