3 octobre 2009
Le dépouillement de la "votation citoyenne" sur La Poste a commencé aujourd'hui, le comité national contre la privatisation, installé à la mairie du IIe arrondissement de Paris, s'avouant débordé par l'ampleur de la participation dans de nombreux départements.
En fin de journée, le comité organisateur de cette consultation, composé de 62 partis de gauche, associations et syndicats opposés au changement de statut de La Poste, avait recensé 9.987 points de vote dans toute la France, alors qu'il tablait initialement sur 6.000. Dès la mi-journée, Nicolas Galepides, porte-parole du comité organisateur, s'était réjoui devant l'afflux des votants : "le coordinateur pour la Haute-Garonne m'annonce au moins 35.000 votants à Toulouse".
"Beaucoup de personnes chargées de centraliser les résultats ne peuvent le faire aussi vite qu'espéré, car elles tiennent un bureau de vote", explique Nicolas Galepides, par ailleurs délégué Sud-PTT.
Dans le Finistère, environ 16.000 personnes avaient voté à la mi-journée, dont "3.347 à Quimper, 3.019 pour le pays Bigouden" et "plus de 10.000 sur Brest", selon Patrice Campion, coordinateur départemental. Le dépouillement a commencé dès 15h dans certaines petites communes, les résultats définitifs au plan national ne devant être
annoncés que lundi midi.
A Guingamp, après un dépouillement dans les règles, la ville a centralisé, aujourd'hui, vers 15 h, les résultats du canton, de la votation : près de 1.500 votants et un pourcentage massif de (une vingtaine de oui, dix nuls). Des urnes étaient disponibles dans huit mairies du canton, et dans sept bureaux aussi divers que la braderie saint-Michel, les communaux de Plouisy, la Plateforme Lidl, chez France Télécom ou à l'UL CGT.
A Saint-Brieuc, la votation sur la privatisation de La Poste a connu également un beau succès ce matin, avec plus de 600 votants à 11h 30, dont 500 en deux heures sur le marché en centre-ville. Le stand pour la votation sur la privatisation de la Poste n'a pas désempli. " On ne s'attendait pas à un tel élan de solidarité", commente Alain Méheut, postier et secrétaire départemental de Sud PTT. A la maison du temps libre, rue du Maréchal Foch, plus d'une centaine de personnes était déjà venue voter ce matin.
Côté gouvernement, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a jugé "rassurant" l'attachement ainsi manifesté à La Poste, mais jugé "discutables" les conditions du scrutin, sans valeur juridique: "il n'y a aucun contrôle sur ces urnes, ça rappellera les grandes heures de l'Union soviétique".
Une large majorité de Français (59%) souhaite que le gouvernement organise un référendum sur le changement de statut de La Poste, selon un sondage Ifop à paraître demain dans Sud Ouest. Le député PS du Pas-de-Calais Jack Lang a d'ailleurs estimé que le gouvernement avait "tort de tarder à mettre en application" le référendum d'initiative populaire introduit dans la Constitution il y a plus d'un an. Dans son département, 21.000 personnes avaient voté, dans 80 bureaux, en fin d'après-midi.
A Paris, devant le bureau Emile Dolet (XXe arrondissement), "on espérait 500 votants, on en avait plus de 1.500" à la mi-journée, a raconté Michel Rousseau, président de l'association Euromarches (aide aux chômeurs).
Montrouge (Hauts-de-Seine) a dénombré "1.246 votants dont 26 pour la privatisation et 9 bulletins. Plusieurs adjoints au maire et conseillers municipaux de droite (actuels ou passés) ont participé a la votation", selon Thibault Grac, du comité local.
L'Aude, l'Isère et la Charente revendiquaient respectivement 129, 120 et 90 points de vote avant samedi, et le Gers 82 communes de vote "représentant la moitié des 143.000 électeurs inscrits du département".
En Meurthe-et-Moselle, un décompte provisoire recensait 20.176 votes, avec 97,9% de "non" sur 67 lieux de vote, dont 17 entreprises.
L'Essonne avait recensé dans l'après-midi 10.081 votes, dans 62 bureaux dépouillés sur 203.
La consulattion avait été lancée le 28 septembre dans toute la France. Le public était appelé à répondre à une seule question: "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?".
Paimpol. La Poste change de statut. Un vote citoyen samedi
Lanester. Social. Le syndicat Sud de la Ville privé d'élections