8 juillet 2009
Le Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf) met en cause les autorités de l'aviation civile française et européenne pour n'avoir pas imposé un changement des sondes Pitot sur les Airbus A330/40, qui aurait pu "éviter" le crash de l'AF447.
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Le Spaf (minoritaire) juge "qu'il était de la responsabilité" de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) française et l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), "d'imposer au constructeur Airbus les modifications nécessaires" après des incidents constatés en lien avec les sondes Pitot, chargées de mesurer la vitesse, dans une lettre aux directeurs des deux administrations.
"Depuis de nombreuses années, les équipages des avions A330/340 ont rapporté des cas de pertes ou de fluctuations d'indications de vitesses avion dans des conditions météorologiques sévères" provoquées par la présence de givre ou d'eau dans les tubes Pitot, écrit le président du Spaf, Gérard Arnoux.
Des "mesures appropriées" de la DGAC et l'EASA "auraient permis d'éviter le déclenchement de la séquence d'événements conduisant à la perte de contrôle de l'appareil", qui s'est terminée par son crash entre Rio et Paris avec 228 personnes à bord.
La lettre du Spaf cite une présentation d'un responsable de l'EASA à une conférence tenue en septembre 2007, qui montre que l'autorité était informée d'un "nombre significatif d'événements en exploitation liés au givrage ou à des fortes pluies", avec des problèmes d'indication de vitesse liés aux tubes Pitot.
Cette présentation du responsable de la certification de l'EASA avait précisément pour thème "La certification en question - le givrage des sondes", rapporte le Spaf.
Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), en charge de l'enquête technique sur le crash, juge pour sa part que le dysfonctionnement des sondes Pitot peut constituer un élément d'explication, mais qu'à ce stade rien ne permet de les lier aux causes de l'accident, qui restent indéterminées.
