30 septembre 2009
En dépit d'une instruction qui ne lui était guère favorable et qu'il estime avoir été conduite à charge, à commencer par les médias à l'époque où il était Premier ministre, Dominique de Villepin entame la deuxième semaine du procès Clearstream dans un contexte qui ne lui est pas entièrement défavorable.
Il le doit au revirement du procureur Jean-Claude Marin qui fait peser un soupçon sur son indépendance à l'égard de l'exécutif. Mais surtout au lapsus malencontreux de Nicolas Sarkozy en direct de New York qualifiant de «coupables» des hommes qui n'avaient pas encore été jugés et choquant du même coup l'opinion. Les propos du Président lors de son voyage au Brésil avaient déjà accrédité l'idée d'une haine tenace, sans pour autant convaincre sur la disparition des officines qui auraient, comme par miracle, disparu avec la fin de l'ère Bertrand, l'ancien patron des RG.
L'idée d'un acharnement à l'égard de Villepin et d'une incapacité du Président à tourner la page du passé, comme naguère les chiraquiens avec les balladuriens, s'est ainsi insinuée dans les esprits. Quelle est la part de rancoeur et de calcul chez Nicolas Sarkozy? Très tôt l'ancien ministre de l'Intérieur fut informé des tenants et aboutissants de cette affaire. Le candidat y vit sans doute l'occasion de se débarrasser enfin d'un rival encombrant. Sans pour autant oublier ce qu'il n'a jamais pardonné, le fait que sa vie privée aurait été utilisée pour le faire chuter.
Hautement médiatisé et désormais politisé, ce qui n'est jamais bon pour la sérénité de la Justice comme l'a fait justement remarquer Christine Lagarde, ce procès ressuscite de vieilles querelles et pourrait être ravageur pour la droite. Néanmoins, Dominique de Villepin ne doit pas oublier qu'il sera jugé au fond et doit se garder des effets de manche dont il est coutumier.