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Meurtre d'Agnès. Un magistrat : «Il y aura toujours des récidivistes»

21 novembre 2011

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Pour Nicolas Léger, secrétaire national du principal syndicat de magistrats (USM), il est «contre productif voire dangereux» de vouloir résoudrele problème de la récidive à chaud, à chaque fois qu'un crime horrible est commis.



Trouvez-vous normal que le collège n'ait pas été informé du passé judiciaire (mise en cause pour un précédent viol) du mineur qui lui était confié, dans un internat mixte de surcroît?
Les professionnels qui ont suivi le mineur mis en cause étaient tenus au secret de l'instruction ou au secret médical. Je rappelle que ce mineur n'a pas été condamné pour viol. Il devait être jugé prochainement. Il était donc présumé innocent. C'est difficile à entendre, mais cette règle est l'un des piliers de notre démocratie. On ne peut pas la remettre en cause. Je rappelle aussi que le psychiatre qui avait évalué ce mineur, pour la précédente affaire, n'avait pas estimé qu'il était dangereux au sens psychiatrique. À partir de là, il était très difficile de prévoir ce qui s'est produit. D'après ce que l'on sait aujourd'hui, chacun n'a fait qu'appliquer les règles qui lui étaient applicables. Bien sûr, il faut améliorer le système. Mais réagir à chaud n'est jamais bon. Attendons au moins de connaître tous les éléments de cette affaire.

Les problèmes de l'efficacité du suivi judiciaire, et de la récidive, se posent-ils selon vous?
Les crimes de récidivistes ne représentent qu'une infime minorité. Il y en aura toujours, aussi choquant que cela puisse paraître. Le risque zéro n'existe pas et n'existera jamais. Allez dire qu'un juge, qu'un psychiatre ou un policier s'est trompé, c'est hors sujet. Prédire si un criminel ou un délinquant va récidiver est extrêmement difficile. Faut-il alors tous les garder sous les verrous, sous prétexte qu'ils sont susceptibles de repasser à l'acte? Voilà le genre de questions simplistes, à l'emporte-pièce, que l'exploitation à outrance de ces faits-divers dramatiques suscite. Attention aux réflexes populistes et primaires. Cela ne fait jamais avancer les choses. Voter une nouvelle loi plus sévère, sous le coup de l'émotion? Bien sûr, c'est possible. Cela fera une couche législative supplémentaire. Le risque, au final, c'est d'obtenir un millefeuille de mesures, parfois contradictoires, difficilement applicables, voire ingérables. Bref, cela rend le système encore plus complexe et moins efficace. Personne n'y gagne. Surtout pas la démocratie.

  • Propos recueillis par Hervé Chambonnière
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