19 janvier 2012 - 1 réactions
Nicolas Sarkozy a avancé prudemment ses pions, hier, sur son projet controversé de TVA sociale, mais selon plusieurs organisations patronales et syndicales, la solution qui tiendrait la corde n'aurait aucun impact sur le montant des salaires, au bas des feuilles de paie. Si les charges patronales seraient allégées et rebasculées sur la TVA dans l'espoir de relancer la compétitivité des entreprises françaises et de redonner des couleurs à l'emploi, les charges salariales resteraient inchangées et, par voie de conséquence, le montant des salaires nets ne varierait pas d'un euro. À ce stade, il n'est pas «prévu d'augmentation de salaire net à travers une baisse des cotisations salariales», a confirmé la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).
Rendez-vous fin janvier
Tout reste cependant suspendu aux arbitrages du chef de l'État, qui entend s'adresser aux Français à la fin du mois. Dans l'immédiat, Nicolas Sarkozy a simplement indiqué avoir «entendu» l'avis des organisations syndicales sur «le financement de la protection sociale». D'ici là aussi, François Fillon prendra son bâton de pèlerin pour tenter de rallier les parlementaires de la majorité. Certains se font tirer l'oreille comme Lionnel Luca, le député (UMP) des Alpes-Maritimes qui a estimé que «chaque point de TVA en plus sera un point en moins pour les députés» aux législatives de juin. «Pour l'instant, rien n'est totalement décidé, verrouillé», a assuré, hier soir, Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement. Après quatre heures de discussions, la présidente du Medef, Laurence Parisot, avait été la première à évoquer une TVA sociale assise sur l'allègement des seules charges patronales qui financent la branche famille de la Sécurité sociale. Citant des sources gouvernementales, Les Échos ont affirmé, hier, que l'allègement des charges pourrait porter sur les salaires compris entre 1,6 et 2 fois le Smic, afin de cibler les secteurs industriels exposés à la concurrence internationale.
Syndicats remontés
Les syndicats sont sur une tout autre ligne. Bernard Thibault (CGT) a dressé un «constat de désaccord» avec l'Élysée tandis que François Chérèque prévenait que «la CFDT n'acceptera pas une hausse de la TVA qui n'aura rien de social». Tous dénoncent une atteinte au pouvoir d'achat des salariés, souci partagé par certains employeurs, comme l'Union professionnelle artisanale.
24 mai 2012 à 18h19

24 mai 2012 à 20h05 - 3 réaction(s)
24 mai 2012 à 14h33 - 2 réaction(s)