6 février 2009
Quinze mois, c'est la durée du grand carénage que vient de subir le porte-avions Charles-de-Gaulle. «Il sera opérationnel à la fin du printemps», a annoncé hier le ministre de la Défense. Le second porte-avions est encore venu sur le tapis...
C'est la semaine de tous les porte-avions! Le vieux «Clem» est parti pour son dernier voyage. Le Charles-de-Gaulle, quant à lui, a quitté Toulon tout ragaillardi, avec un coeur nucléaire tout neuf, il a repris la mer.
PA2: décision pas avant 2012
Le porte-avions numérodeux? Il était aussi, hier, à l'ordre du jour, même si cela agace toujours le ministre de la Défense. La décision concernant le PA2 est toujours en gestation. «La décision ne sera pas prise avant 2012», a déclaré, hier, Hervé Morin. Une affaire de crédits, a-t-il expliqué: il lui fallait faire des choix, il y avait des urgences, les hélicos, les frégates multi-missions, tout cela ne pouvait pas attendre. Puis, a-t-il souligné, avec la politique de relance, la Marine aura bientôt un troisième BPC (bâtiment de projection et de commandement). Le «nouveau» Charles-de-Gaulle est reparti pour au moins six ou sept ans. Il n'est donc pas urgent, semble-t-il dire, de prendre une décision. Les marins pessimistes estimeront: «Il est tombé à l'eau.» D'autres pensent cependant que son sort n'est toujours pas scellé, qu'il faudra du boulot pour le chantier de Saint-Nazaire. Le ministre l'a énoncé aussi hier: «La cohérence voudrait un deuxième porte-avions.» Et aux marins qui disent que le deuxième porte-avions est enterré, il répond: «Les marins peuvent se tromper»... Le Charles-de-Gaulle, quant à lui, est bien de retour à la mer. Il sera opérationnel à la fin du printemps. Il a quitté Toulon, après un énorme chantier de quinze mois, avec un pont d'envol rénové, des hélices neuves, les combustibles sur les deux chaufferies nucléaires ont été remplacés; il leur a fallu aussi plus de 40 tonnes de peinture pour rafraîchir la bête. C'était un pari fou, mais le bateau a pu être livré dans les temps. Les coûts ont été respectés. La facture s'élève à 300millions d'euros. Au total, ce chantier représente plus de 2.500.000heures de travail, pour DCNS, et pour la Marine. C'était un chantier de fous: tout le monde le racontait hier à bord du porte-avions, des équipes ont été sur le pont nuit et jour. Le ministre s'est félicité de la collaboration menée entre DCNS et l'équipe du Charles-de-Gaulle, une collaboration qui a donc porté ses fruits et qui sera utile pour les chantiers à venir.
L'entraînement revient vite
Un problème cependant: un porte-avions qui s'arrête et ce sont des pilotes qui ne s'entraînent plus de la même façon. Hier, Hervé Morin aura pu le vérifier: catapultages et appontages des Super Etendard et Rafale de la 11F et de la 12F de Landivisiau n'étaient pas franchement au top. On a connu des ballets autrement mieux menés. Mais on n'était pas là pour faire plaisir au ministre, mais pour montrer le savoir-faire. «C'est comme le vélo, c'est un manque d'entraînement», soulignait un pilote. «Ça revient vite!», assurait, quant à lui, le capitaine de vaisseau Eric Aymard, officier d'appontage. Il a d'ailleurs lui-même fait apponter sans problème son Rafale sur la piste d'envol. Donc pas d'inquiétude a priori, si les pilotes s'entraînent, ils retrouveront les performances qu'ils avaient il y a quinze mois. Dans quelques semaines, avions, marins, tout sera prêt. Le Charles-de-Gaulle pourra être un outil pour le politique. Car, c'est le politique qui décide de ses missions.
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