29 janvier 2012
La Bretagne est le berceau de la thalassothérapie. Roscoff (Finistère) a accueilli le premier établissement de soins par l'eau de mer, il y a plus d'un siècle. C'est aussi la région qui compte le plus grand nombre de centres et de curistes entre Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et LaBaule (Loire-Atlantique). Depuis le premier établissement proche d'un sanatorium, le concept a évolué, grâce à Louison Bobet, qui a créé le centre de Quiberon (Morbihan) en 1964. Aux soins, sont désormais adossés des prestations de détente, un hébergement et un service hôtelier pour une offre globale. Les critères pour faire partie du cercle des treize thalassos de Bretagne? «Nos établissements sont toujours installés en bord de mer afin de pomper l'eau en direct. Et dans nos centres interviennent des médecins, des kinésithérapeutes et des hydrothérapeutes», précise Vincent Baslé, le président de l'association des thalassos de Bretagne.
De la santé au bien-être
Seulement, à la différence des cures thermales, les séjours en thalasso ne sont plus pris en charge par la Sécu depuis 1997. «Ça nous a obligés à revoir complètement notre offre commerciale, à nous orienter sur des prestations de bien-être et à améliorer la qualité de l'hébergement», reconnaissent les directeurs de thalassos. Les établissements rivalisent d'imagination pour proposer des prestations originales à côté des massages et autres soins de rééducation classiques. Modelage balinais, relaxation taoïste ou réiki pour rétablir l'harmonie intérieure, mais aussi coaching d'avant marathon, séance minceur, séjour postnatal,etc. «C'est comme si on lançait chaque année une nouvelle collection», remarque Martial Denètre, le directeur général de Carnac (Morbihan), dont l'établissement s'apprête à devenir «le premier centre 100% bio de France».
Une clientèle rajeunie
La clientèle des thalassos a nettement rajeuni. Et elle s'est diversifiée. Les seniors y côtoient des jeunes mamans épuisées ou encore des ados en pleine croissance. Là où l'on venait avant entre copines pour une remise en forme, on apprécie de se retrouver entre copains pour magnifier son corps. Les stars du show-biz comme Johnny Hallyday et les ténors de la politique comme Robert Badinter sont très friands de ces séjours revivifiants. Quant aux sportifs, ils débarquent en équipe comme les nageurs de Marseille avec Laure Manaudou récemment à Quiberon (Morbihan).
De gros travaux de rénovation
Pour satisfaire cette clientèle très disparate mais exigeante (à 90% française), les thalassos ont toutes entrepris d'importants travaux de rénovation: Quiberon vient de subir une cure de jouvence complète pour 26millions d'euros. Pour autant, les thalassos ne veulent pas se couper de leur clientèle la plus modeste qui permet de lisser l'activité par des courts séjours ou des séances à la journée. «Il faut compter en moyenne 1.000 à 3.000euros la semaine par personne, soins et hôtellerie en demi-pension comprise», estime Vincent Baslé. Une note qui peut évidemment être multipliée par trois, quatre et même davantage selon les prestations attendues. Et selon le type d'hébergement: à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) l'offre atteint le très haut de gamme avec un hébergement labellisé Relais et Châteaux. Le nombre de clients augmente, la durée des séjours diminue, mais l'activité reste rentable si l'établissement sait anticiper la demande. Pour preuve, le chiffre d'affaires de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor) a progressé de 18% en un an.
Grincements de dents
Mais comment les thalassos traditionnelles réagissent-elles à l'arrivée de trois nouveaux concurrents? Le Spa marin de Pléneuf-Val-André (lire ci-dessous) vient d'ouvrir ses portes. La thalasso de Concarneau (Finistère) entrera en service en mars2013 et celle de Larmor-Plage (Morbihan) est prévue pour mars2015. «On n'est plus dans le même esprit, il s'agit d'abord d'opérations immobilières avec avantages fiscaux pour la partie para-hôtelière», remarquent plusieurs directeurs de thalassos. Certains ont même la dent plus dure: «Le spa, c'est de la mise en scène, de la théâtralisation, alors que nous nous travaillons dans la durée. Quand on sort de chez nous, on en ressent longtemps les bienfaits». La clientèle jugera.
27 mai 2012 à 15h54
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