18 octobre 2009 - 4 réactions
Confrontée à la concurrence de la TNT et à une conjoncture publicitaire plus que morose, TF1 a fait appel à Axel Duroux, venu de RTL, pour sa relance. Mais dès les premières semaines, les tensions ont été vives avec Nonce Paolini, le patron de la chaîne.
En cette rentrée, le siège de TF1, quai du Point du jour, à Boulogne, fait de plus en plus penser à une tour infernale soumise à des forces contraires. En crise depuis des mois, la «chaîne leader» ne sait plus à quel saint se vouer pour redresser ses audiences et ses recettes publicitaires, qui fondent comme neige au soleil. Et pour l'actionnaire de la Une, Martin Bouygues, il y a urgence à ce que la chaîne reparte de l'avant. Seulement voilà, depuis quelques jours, il y a de l'électricité dans l'air entre les deux principaux dirigeants de la chaîne: Nonce Paolini, le P-dg de TF1, et Axel Duroux, le directeur général délégué, qui est arrivé il y a tout juste un mois pour le seconder. Au 8e étage de la tour TF1, le conflit entre les deux hommes a fait suffisamment de bruit pour qu'ils se retrouvent lundi dernier dans le bureau de Martin Bouygues. Simple réunion de travail sur la répartition des tâches de chacun? Ou bien le grand patron a-t-il voulu siffler la fin d'une vraie bagarre de cour de récréation? Seuls les trois protagonistes ont la réponse à cette question.
Chacun surveille l'autre
Toujours est-il que, depuis cette réunion de recadrage, Nonce Paolini et Axel Duroux ont dû se répartir à nouveau les rôles. Au départ, arrivé comme numéro deux du groupe, Duroux devait «seconder» Paolini dans «toutes ses fonctions», avait indiqué la chaîne. À présent, chacun des deux aura son domaine de prédilection: l'antenne pour Duroux et la gestion pour Paolini. Suite à ce «Yalta» télévisuel, chacun des deux dirigeants aura aussi un droit de regard sur ce que fait l'autre...
Duroux en homme providentiel
Voilà qui clarifie un peu les choses. Axel Duroux, l'ancien patron de RTL, redevenue première radio de France sous son règne, est un homme de caractère. Parachuté à TF1 pour remettre la Une sur les rails, «Double Axel» -comme on le surnomme en raison de ses presque deux mètres sous toise- n'entendait pas y jouer les seconds rôles. Son atterrissage sur la première chaîne a d'ailleurs été salué par toute la presse. L'homme providentiel qui allait sauver TF1, c'était lui! Des éloges que Nonce Paolini aurait peu appréciés. Ce dernier, à la tête de TF1 depuis deux ans après avoir été le patron de Bouygues Télécom, s'est dépêché de mettre son armée de «Bouygues boys» en place. Et ceux-ci rendent la vie difficile à Axel Duroux, raconte-t-on en interne.
Des bénéfices qui plongent
La chaîne, en difficulté depuis deux ans, n'avait pas besoin de ces conflits de pouvoir. Concurrencée par les jeunes pousses de la TNT, elle a vu son audience s'effriter au fil des mois pour passer en dessous des 30% pour la première fois de son histoire en 2008 et s'afficher aujourd'hui à 26,4%, selon le dernier sondage Médiamétrie. Et si la publicité est remontée au mois de septembre, elle a reculé de 23% sur le premier semestre. Sur la même période, le bénéfice net du groupe a plongé de 60%, à 49millions d'euros. La Une a dû tailler dans tous les coûts.
Séries américaines et «Secret story»
Alors, comment opérer la relance avec des moyens réduits? Contre mauvaise fortune, le tandem Paolini-Duroux mise pour le moment sur les valeurs sûres: séries américaines en rafale («Docteur House» et «Lost»...) et téléréalité à tout va. Rien de tel pour maintenir les audiences. «Secret Story» a battu tous ses records de vulgarité cette saison, mais l'émission n'en a pas moins été un vrai succès d'audience avec 3,7millions de téléspectateurs en moyenne sur l'émission du vendredi. «Koh Lanta» démarre aussi très fort et s'impose aujourd'hui comme une émission phare de la Une. En revanche, le come-back de «Tournez manège», présenté par Cauet et annoncé en grande pompe à la rentrée, connaît plus de difficultés avec 3,2millions de téléspectateurs sur une tranche horaire où la Une pourrait faire plus. En fin de saison, TF1 diffusera la Coupe du Monde de football. Généralement un bon cru en terme d'audience... si l'équipe de France se qualifie. Bref, tout reste à faire pour «réinventer» la Une. Et rien ne dit, pour le moment, que le duo Paolini-Duroux aura la «vista»... et la longévité (vingt ans!) du tandem gagnant que formaient Patrick Le Lay et Étienne Mougeotte.
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