3 novembre 2009
Le gouvernement voulait éviter une polémique. C'est raté. La fronde contre la réforme de la taxe professionnelle (TP) s'est accentuée. Après Jean-Pierre Raffarin, c'est Alain Juppé qui a remis de l'huile sur le feu hier en critiquant de nouveau une «réforme pas suffisamment étudiée».
> Taxe professionnelle. Vent de fronde au Sénat [video] (2 novembre)
La fronde sénatoriale UMP a été rejointe par le président centriste de la commission des Finances de la Haute assemblée, Jean Arthuis, pour qui le texte «ne peut certainement pas être voté en l'état». Le patron des sénateurs UMP Gérard Longuet s'est employé à désamorcer la rébellion d'une partie de ses troupes.
Pas question pour lui de faire de l'adoption de la réforme des collectivités un préalable au vote de la réforme de la TP, comme le souhaite Raffarin, mais également l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a enfoncé le clou en affirmant qu'il était «hors de question de reculer».
Coppé compréhensif
Mais du côté des députés, la fronde gagne des rangs. Jean-François Copé a ainsi déclaré «comprendre parfaitement les réserves» des sénateurs même si «on ne doit pas reporter sa mise en oeuvre car les entreprises attendent».
Christine Lagarde recevra aujourd'hui les 24 sénateurs à l'origine de cette fronde. En attendant, la gauche se frotte les mains. Laurent Fabius a demandé au gouvernement de «remanier profondément» ses réformes «dans le sens d'une vraie décentralisation».
