11 septembre 2009 - 2 réactions
Les salariés de France Télécom se sont mobilisés partout en France, hier. Ils déplorent le malaise au travail et la pression sur les salariés, à l'origine, selon les syndicats, d'une série de suicides. Didier Lombard, président du groupe, a demandé à ses cadres d'être vigilants.
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Face à l'émotion engendrée par les récents suicides de salariés de France Télécom, le PDG Didier Lombard a écrit jeudi aux 22.000 cadres pour leur demander de renforcer "leur vigilance et de porter l'attention la plus grande possible aux signes de désarroi des collaborateurs qui vous entourent". Interrogé par Le Parisien, Olivier Barberot, le directeur des resources humaines juge pourtant que le nombre de suicides "n'est pas en augmentation". Mais les salariés de France Télécom ne l'entendent pas de cette oreille. Ils se sont mobilisés partout en France, hier, contre leurs conditions de travail et les méthodes de management, à l'origine, selon eux, d'une série de suicides.
En Bretagne aussi
Un nouvel acte désespéré d'un salarié s'est ajouté, mercredi, à une série de six suicides qui a défrayé la chronique durant l'été. Un technicien de Troyes (Aube) s'est planté un couteau dans l'abdomen lors d'une réunion, après avoir appris la suppression de son poste. Ses jours ne sont pas en danger mais son geste a ravivé le malaise à France Télécom, où, depuis février2008, les syndicats ont dénombré 22 suicides de salariés, tous des hommes, pour environ 100.000 salariés en France (dont deux tiers d'hommes). La dernière victime, un technicien de Lannion (Côtes-d'Armor), s'est donné la mort, fin août, à son domicile. Les syndicats ont accusé notamment les méthodes de management. Depuis plusieurs années, ils déplorent le malaise au travail et la pression sur les salariés, notamment pour les inciter à quitter l'entreprise, dans le cadre d'un plan de départs volontaires, qui a permis, en trois ans, de se séparer de 22.000 salariés (pour 5.000embauches). «Tous les salariés reçoivent régulièrement par mail des propositions pour quitter l'entreprise, et les managers ont des objectifs, qui se répercutent sur leur paye, pour inciter les salariés à partir», a expliqué Philippe Meric (Sud), dont le syndicat, avec FO et la CGT, avait déposé des préavis de grèves nationaux hier. Le taux national de grévistes était de 16,37%, selon la direction (31% pour la région Bretagne-Pays de Loire). Les autres syndicats ont déposé des préavis locaux, et des rassemblements ont été organisés, comme à Paris, Besançon, Nice, Montpellier, Lille, Bordeaux ou Nancy. En Bretagne, ils étaient 150 à manifester à Quimper, 50 à Lorient et entre, selon les sources, 60 et 200 à Rennes.
Restructurations suspendues
«Il faut avant tout remettre de l'humanité dans les services», a estimé Patrick Diochet (CFTC), tandis que la CFE-CGC a demandé «des préretraites à partir de 57ans». Le leader de la CFDT François Chérèque a critiqué une direction «incapable d'évoluer dans son mode de management». De son côté, la direction de France Télécom a annoncé, hier, la suspension des mobilités dans le groupe jusqu'au 31octobre, le recrutement de 100 responsables de ressources humaines (DRH) de proximité et l'ouverture de négociations sur le stress le 18septembre.
