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France

Soins esthétiques. Pour mieux se battre contre le cancer

31 octobre 2009

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A Marseille, des malades atteints de cancer sont accompagnés par des esthéticiennes. Ils peuvent ainsi mieux supporter le traitement.

Entre «médecins conseillers» ou «infirmières», un panonceau «Esthétique» s'est glissé dans le couloir du service d'oncologie de l'hôpital de la fondation Saint-Jo-seph, à Marseille, où des malades viennent soigner leur cancer. «C'est pour que l'on comprenne bien qu'il n'y a pas que les praticiens qui s'occupent des malades», explique le Dr Hervé Perrier, chef du service, qui accueille, depuis juin, l'association «Beauté-détente du corps et de l'esprit». Les soins de support (diététique, assistante sociale, oncopsychologie...) se sont développés depuis 2003 avec le plan cancer dont la nouvelle version doit être détaillée, lundi, à Marseille, par le président Nicolas Sarkozy.

«Retrouver l'estime de soi»

«Nous aidons les patients, souvent des femmes atteintes d'un cancer du sein, à retrouver du bien-être, une estime de soi», dit Nathalie Riguel, 30 ans, esthéticienne de métier. Cette dernière et Nicole Debono, 67ans, une retraitée qui cherchait une activité humanitaire et s'est formée aux soins des mains et des pieds, travaillent avec l'accord des équipes médicales. Au total, elles «soignent» un millier de personnes par an. Dans leur petite salle à Saint-Jo-seph, les deux femmes ont placé un fauteuil en rotin, une coiffeuse à miroirs. Des huiles essentielles noient les odeurs d'hôpital. Pendant leur chimiothérapie, avec l'accord des médecins, les malades qui le souhaitent s'installent là avec leur perfusion pour un soin des mains ou un modelage des pieds. Les soins du visage et du cou sont évités à cause du «port-a-cath», une chambre à injection implantée sous la peau. C'est «une parenthèse très agréable leur permettant de se distancier du traitement», pense l'infirmière coordinatrice, Valérie Dellamico. «Ça permet de dédramatiser», renchérit l'infirmière Chantal Roussel.

«Avec la famille ce n'est pas pareil»

Nathalie et Nicole conseillent les malades, mettent du vernis foncé sur les ongles pour lutter contre la photosensibilisation, disent comment se maquiller quand on n'a plus de cils et surtout... parlent avec elles. «Ici on discute, ça fait du bien. Avec la famille ce n'est pas pareil», raconte Chantal, malade de 48 ans. Elle se fait couper les ongles, elle n'y arrive plus seule faute de sensibilité au bout des doigts. Cette maman de quatre enfants n'avait jamais fréquenté d'esthéticienne. La maladie l'a changée: «Je me fais plaisir quand j'en ai envie». J., 73 ans, cache son cancer. Coquette, elle en est à sa troisième chimio: «J'essaie de faire figure humaine. Ce n'est pas une question de beauté, mais de dignité».

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