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Fait du jour

Social. La violence gagne les usines

23 avril 2009

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Les salariés menacés de chômage radicalisent leurs actions. Face aux saccages, occupations d'usines et autres séquestration, François Fillon reste compréhensif, mais condamne ces actes. La gauche, elle, souligne le «désespoir».

«Ce n'est acceptable.» François Fillon a donné le ton gouvernemental -la fermeté-, hier sur France Inter, face au saccage de la sous-préfecture de Compiègne, mardi soir, par les salariés désespérés de Continental. Même s'il a assuré comprendre le désarroi des salariés qui craignent de se retrouver au chômage, il a critiqué une «petite minorité» d'entre eux, promettant à leur encontre des poursuites judiciaires. Ces dernières semaines, les débordements de mouvements sociaux dans les usines se multiplient. Avant Continental, d'autres salariés ont aussi utilisé des méthodes dures comme les séquestrations de patrons (Sony, Molex, etc.). Le Premier ministre a tenu à les mettre en garde face aux risques de la radicalisation de ces mouvements.

Les patrons pointés du doigt

Et les patrons n'ont pas été épargnés par les critiques de François Fillon: il a pointé du doigt ceux qui s'octroient des rémunérations exceptionnelles en ces périodes de vaches maigres et a mis en garde contre des cas «choquants» qui peuvent «attiser la violence» et conduire à «des comportements dangereux pour l'économie française tout entière». Et de demander au tout nouveau comité d'éthique du Medef, mis en place sous la pression de l'exécutif, de se saisir des abus les plus flagrants. Face à la fermeté affichée de François Fillon, la gauche - PS en tête - a apporté son soutien à des salariés «désespérés» et «abandonnés». Le porte-parole des socialistes, Benoît Hamon, tout en réprouvant les dégradations de biens publics, juge qu'«on peut comprendre que des fois, face à l'inaction totale de Nicolas Sarkozy», il y ait «des expressions qui conduisent à ce type de débordements». «Un salarié ne séquestre pas par plaisir. Un salarié ne va pas abîmer une sous-préfecture par plaisir. Cette radicalisation est l'expression d'une souffrance extrêmement forte», insiste Pierre Moscovici (PS).

Actions «légitimes» pour Besancenot

«Les dégradations violentes ne sauraient être acceptées et ne constituent en aucun cas une réponse aux inquiétudes compréhensibles des salariés», répond l'UMP. Les actions des salariés «menacés par la politique patronale» sont «légitimes», affirme Olivier Besancenot (NPA), critiquant le «vocabulaire de guerre sociale de Sarkozy et Fillon, qui leur sert à justifier la répression». «Certains vont essayer de chercher du côté de l'extrême-gauche, mais le principal responsable de cette radicalisation, c'est le gouvernement», estime Alain Krivine (NPA). Pour Marie-George Buffet (PCF), cette colère est «normale», «il y a besoin de créer un rapport dans ce pays au profit des salariés», qui se retrouvent «devant un mur» et des patrons «voyous».

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«Un salarié ne séquestre pas par plaisir. (...) C'est l'expression d'une forte souffrance.»

  • Pierre Moscovici, Parti socialiste

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