10 octobre 2009 - 1 réactions
Pas de percée sur l'Europe, à l'occasion de la visite du président turc en France. Nicolas Sarkozy et Abdullah Gül n'ont pas surmonté leurs divergences sur la question de l'adhésion d'Ankara à l'UE.
Malgré une volonté manifeste d'apaiser les tensions, la visite du président turc en France n'a pas levé la divergence de fond qui sépare les deux pays. Nicolas Sarkozy et son homologue Abdullah Gül ont constaté, hier à Paris, leur désaccord sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, que le président français refuse obstinément. Conclusion d'une visite de trois jours en bord de Seine, la première rencontre entre les deux dirigeants depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, a débuté au Grand Palais par l'inauguration de l'exposition «De Byzance à Istanbul», manifestation-phare de la saison de la Turquie en France, et s'est poursuivie par un déjeuner de travail à l'Elysée. «C'est un déjeuner où toutes les questions ont été abordées dans un bon esprit de coopération», a rapporté un conseiller élyséen. Sur la question qui fâche, Nicolas Sarkozy a rappelé «de manière très franche la position française», a poursuivi le conseiller. Lors de la campagne pour les européennes de juin dernier, le chef de l'Etat avait répété que l'Europe devait cesser de «se diluer dans un élargissement sans fin» et que la Turquie, un pays musulman de 71millions d'habitants, n'avait «pas vocation à (en) devenir membre». Plus tôt dans la journée, Abdullah Gül avait plaidé pour que les négociations sur l'adhésion aillent à leur terme. «La Turquie fait en sorte de se conformer aux normes européennes», a-t-il dit, «c'est à la fin du processus qu'il faudra procéder à une évaluation de la Turquie.»
Accord avec l'Arménie
Les deux dirigeants se sont toutefois mis d'accord pour que «cette question n'empoisonne pas l'ensemble des relations entre les deux pays». Nicolas Sarkozy a ainsi proposé une coopération franco-turque en matière de nucléaire civil. Autre pas en avant, Abdullah Gül a fait savoir à la France que ses entreprises étaient désormais «les bienvenues» dans le projet de gazoduc Nabucco, qui doit relier en 2014 l'Asie centrale à l'Europe. En 2008, GDF avait renoncé à participer au projet à la suite d'un veto d'Ankara, furieux de la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement français. Sur cette question très délicate, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de la signature, aujourd'hui en Suisse, d'un accord entre la Turquie et l'Arménie visant à normaliser leurs rapports bilatéraux.
