11 février 2012 - 1 réactions
«J'ai trois chambres avec trois lits. J'accepte toute personne avec ou sans animal. Uniquement les week-ends jusqu'à la fin mars. Je suis au RSA. Il n'y aura que des nouilles et de la soupe, mais elles auront le goût du sourire et de l'amitié. Je suis à Bédée près de Rennes.» «Morbihan. J'ai un camping-car libre avec banquette, lit, WC et évier. Possibilité de prendre une douche à la maison et de prendre un repas chaud pour une personne. Si je peux héberger quelqu'un, je ne peux pas nourrir cette personne sur une longue période.» Ce type d'annonce de solidarité spontanée avec les sans-abri a envahi la toile en cette période de grand froid.
Ce samedi, près de 4.000 personnes avaient rejoint le groupe Facebook baptisé 115 du particulier.
Cette idée a germé dans la tête de Cédric Lebert, un artiste peintre de 41 ans qui, pendant quinze ans, a partagé ses nuits entre la rue et les squats. Il s'est simplement posé la question de savoir pourquoi il n'y avait pas d'annonces de particuliers dans le fichier du 115. Ayant lancé cette réflexion sur Internet, il a été rejoint par une poignée d'autres personnes sensibles au devenir des quelque 130.000personnes qui seraient privées de toit en France.
80 départements concernés
«Le groupe Facebook est né le3 février. Le mouvement prend de l'ampleur, c'est énorme! explique Hubert de Crecy, un des 14administrateurs du groupe qui habite dans le Val-d'Oise. Aujourd'hui, on est présents dans 80 départements. On enregistre en moyenne une centaine d'offres d'aide toutes les heures. Toutes ne portent pas sur de l'hébergement. Certaines personnes proposent des vêtements, une douche ou un café chaud.»
Le 115 du particulier n'entend pas se substituer à ce qui existe. Mais mettre en oeuvre et animer cette forme de solidarité directe. «C'est nous qui mettons les personnes en contact. Rien ne se fait directement. Ceux qui ont besoin d'un toit se sont vite donné le mot. L'autre nuit, par exemple, quatre personnes ont pris contact avec nous: une à Strasbourg et à Marseille et deux dans le sud. On a trouvé des solutions.» Hubert de Crécy en est conscient. Les récents reportages sur le grand froid et la précarité ont eu l'effet d'un électrochoc. Ils montraient souvent des personnes socialement insérées qui n'avaient pour refuge que leur voiture ou des cartons. Certaines associations ou organismes qui arpentent les rues des grandes villes depuis longtemps, tout en reconnaissant une réelle bonne volonté, émettent des réserves sur cette initiative. Rappelant que de nombreux SDF présentent des profils psychologiques complexes.
Le vrai 115 débordé
À la fondation Abbé Pierre, on admet que le principe de cette initiative citoyenne et solidaire est louable. «Au 115, la situation est extrêmement tendue. Seul un appel sur deuxaboutit à une offre d'hébergement, commente Joachim Soares, directeur de l'action territoriale. Il est grand temps qu'en France, cinquième puissance mondiale, il y ait un vrai sursaut politique en matière de logement et de minimum vital.»
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22 mai 2012 à 17h25 - 1 réaction(s)
22 mai 2012 à 16h38 - 9 réaction(s)