15 juin 2009
Le Salon de l'aéronautique et de l'espace du Bourget fête ses 100 ans aujourd'hui. Un anniversaire toutefois terni par la crise, qui affecte les contrats et les commandes.
Le 48e Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget s'ouvre aujourd'hui. Une édition qui marque les 100 ans de ce grand rendez-vous. Le premier «salon de la locomotion aérienne» avait en effet eu lieu en 1909 au Grand Palais, à Paris.
Le grand retour de la Patrouille de France
Pour cet anniversaire, la Patrouille de France fera son grand retour au Bourget, le week-end des 20 et 21juin, après 36 ans d'absence. Une trentaine d'avions anciens, témoins des années 1909 à 1960, voleront également, comme l'appareil avec lequel Louis Blériot avait traversé la Manche. Le nombre d'exposants doit atteindre un record: près de 2.000 en provenance de 48 pays. Quelque 150 aéronefs, civils et militaires, s'offriront aux yeux des milliers de visiteurs attendus: avions de combat, hélicoptères, avions d'affaires, avions à hélice ou encore le très gros porteur A380 d'Airbus et le long courrier 777 de Boeing. Les prouesses du nouveau biréacteur de transport régional du Russe Soukhoï, le Superjet-100, et du drone hélicoptère Camcopter de l'Autrichien Schiebel, qui sera le premier drone (avion sans pilote) à réaliser un vol dans un salon, vont particulièrement nourrir le spectacle.
Moins prolifique
En raison de la crise économique, le Salon du Bourget devrait cependant être moins prolifique en annonces de commandes et contrats que l'édition précédente. Dans un contexte morose de baisse du trafic aérien, de reports voire d'annulations de commandes pour les constructeurs, cette édition 2009 est aussi endeuillée par la tragédie de l'Airbus A330 reliant Rio à Paris, qui s'est abîmé en mer dans des circonstances mystérieu
ses,
le 1er
juin dernier. A ce jour, Airbus et Boeing comptent toutefois livrer autant d'appareils en 2009 qu'en 2008. Forts d'un carnet de commandes constitué lors d'années précédentes records, les deux constructeurs s'estiment encore à même d'affronter cette mauvaise passe.
Pratique D'abord réservé aux professionnels, le Salon du Bourget ouvrira ses portes au public du vendredi19 au dimanche21, de9h30 à 18h. Tarif d'entrée pour une journée: 12euros (gratuit pour les moins de 7 ans)
L'industrie européenne de défense arrive, une nouvelle fois, en ordre dispersé au Salon de l'air du Bourget (Seine-Saint-Denis) face aux géants américains, qui vont sans doute se montrer très offensifs. L'an dernier, le groupe européen EADS a détrôné la firme américaine Boeing pour la place de premier groupe d'aéronautique et de défense mondial en termes de chiffre d'affaires, selon un classement établi par le cabinet Deloitte. Mais sur ce marché «très concentré», sept entreprises sur les dix premières sont américaines, avec des géants comme Lockheed Martin, Northrop Grumman ou Raytheon. Deux facteurs expliquent cette prédominance des Etats-Unis: «Il y a eu une concentration américaine sans équivalent en Europe» dans l'industrie d'armement et «les budgets de la défense américains sont beaucoup plus importants», explique Jean-Paul Hébert, de l'??cole des hautes études en sciences sociales. Le budget du Pentagone reste en effet le premier poste budgétaire des Etats-Unis, représentant plus de 40% de l'ensemble des dépenses militaires mondiales. Cette tendance devrait perdurer, même si l'administration Obama a décidé de couper dans des programmes d'équipement. Au plan mondial, le marché de la défense reste l'un des plus lucratifs et, contrairement à l'aviation civile, ne connaît pas de bas de cycle. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record l'an passé, selon l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri): 1.464milliards de dollars, soit une hausse de 45% sur dix ans.
