4 novembre 2009
François Fillon s'en est pris vertement, hier, en public, au conseiller de l'Elysée Henri Guaino, qui n'a rien à voir avec «l'exécutif», ainsi qu'à l'ex-protégée de Nicolas Sarkozy, Rama Yade, dont il a évoqué à demi-mot le limogeage. La réunion hebdomadaire du groupe UMP à l'Assemblée a été, selon les participants, très mouvementée et a permis au Premier ministre, respecté par les députés UMP, d'asseoir son autorité sur la majorité. Souvent agacé par la médiatisation des conseillers élyséens, François Fillon a saisi l'occasion que lui a donnée le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, pour régler ses comptes avec Henri Guaino.
Grand emprunt...
Jean Leonetti s'est justifié d'avoir cosigné avec 62 autres députés de la majorité une tribune en faveur d'un grand emprunt supérieur à 50 milliards d'euros, assurant avoir agi en liaison avec «des membres de l'exécutif». En privé, plusieurs signataires ne cachent pas avoir reçu l'aval d'Henri Guaino. «Le pouvoir exécutif était totalement en dehors de cette démarche. Les conseillers du président ne font pas partie du pouvoir exécutif !», a asséné le Premier ministre, très applaudi.
... et sport professionnel
François Fillon, dont les rumeurs, récurrentes, disent qu'il prépare sa sortie de Matignon, a également regretté que tous ne se soient pas rangés à l'arbitrage rendu par Nicolas Sarkozy et lui-même sur la suppression du «droit à l'image collective»(DIC), dispositif d'exonérations de charges sociales pour le sport professionnel. Il visait notamment Rama Yade, absente de la réunion. La jeune ministre s'était exprimée contre la suppression du DIC, contredisant ainsi sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot, proche du Premier ministre.
