6 novembre 2009 à 07h40
L'Elysée et Matignon ont clairement appelé Rama Yade à davantage de solidarité gouvernementale, sans toutefois montrer la porte de sortie à une secrétaire d'Etat très populaire.
A 32 ans, la benjamine du gouvernement a irrité François Fillon pour s'être opposée aux arbitrages de sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, sur le «droit à l'image collective» des sportifs. «On ne peut pas être au gouvernement et en opposition avec la ligne du gouvernement», a réitéré le Premier ministre, dans un entretien au Monde. Nicolas Sarkozy n'a pas davantage apprécié le dernier «caprice» de son ancienne protégée, estimant qu'elle confirmait sa «difficulté à s'insérer dans une équipe, quelle qu'elle soit».
Image de la jeunesse et de la diversité
Son limogeage n'a toutefois pas été évoqué. «Si elle était écartée, cela écornerait l'image du gouvernement où elle incarne la jeunesse, la diversité et la présence féminine, autant de créneaux où le pouvoir veut envoyer des signes forts», estime le politologue Pascal Perrineau. La majorité compte aussi sur elle pour la bataille des régionales, notamment dans le Val-d'Oise, même si la jeune femme d'origine africaine, élue des Hauts-de-Seine, a renâclé devant un «parachutage ethnique». «Changer Rama Yade avant les régionales (...) ce serait une grave erreur. Elle a donc quelques mois devant elle», a confié un responsable de la majorité. Après une semaine de tempête, Rama Yade a eu droit à des «compliments». Pour le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, elle «apporte beaucoup au gouvernement» et il ne faut «sûrement pas la flinguer».
