20 septembre 2009
Jean-Louis Gergorin.
Il dit avoir transmis les listings «en toute bonne foi», persuadé d'avoir mis au jour un système de corruption et de blanchiment qui aurait servi, selon lui, à prendre le contrôle de son groupe, EADS, et à déstabiliser toute l'industrie de Défense française. Il dit également avoir agi «à la demande» de son vieil ami Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, sur instruction du président Jacques Chirac, qui a démenti toute implication. Il est à noterqu'un grand nombre des personnes dénoncées dans les faux listings a été un jour ou l'autre en conflit avec Jean-Louis Gergorin.
Imad Lahoud.
Il affirme avoir agi à la demande de Jean-Louis Gergorin. Précisément, il aurait ajouté le nom de Nicolas Sarkozy en février ou mars2004, dans le bureau d'Yves Bertrand (débarqué un mois plus tôt de son poste de directeur des RG), à la demande de Jean-Louis Gergorin «et sous la connaissance de Dominique de Villepin». Quelle crédibilité accorder à Lahoud? Aucune. Le dossier révèle la - longue - liste de ses mensonges et revirements.
Dominique de Villepin.
Il dénonce «l'instrumentalisation de la Justice au profit d'une seule partie civile, aujourd'hui président de la République» et crie au «procès politique». Il nie absolument tout. Même les évidences. Si de nombreuses accusations ne reposent que sur la parole des uns - contre la parole des autres - et de forts soupçons, les quelques éléments matériels déterminants l'accablent particulièrement. Tout démontre qu'il rencontrait régulièrement et secrètement Jean-Louis Gergorin (une voiture du ministère de l'Intérieur allait le chercher), qu'il connaissait Imad Lahoud, qu'il a d'ailleurs tenté de couvrir (instruction pour mettre fin à une garde à vue), qu'il a caché des faits à la DST à qui il venait pourtant de confier une enquête, et qu'il n'a pas transmis les conclusions négatives de cette enquête à la justice... À sa décharge, on peut cependant s'étonner du revirement du Parquet de Paris qui, en quelques mois, est passé d'une «insuffisance de charges» à son encontre à la conviction, affichée publiquement, qu'il avait été «l'un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient» de cette intrigue. À la lecture de l'ordonnance de renvoi, on ne peut aussi que s'étonner de la faiblesse de certaines charges, reposant sur des «démonstrations» hâtives, voire bancales.
Nicolas Sarkozy.
Certains acteurs de l'affaire affichent la conviction qu'il a profité de la machination. Au courant du complot qui se tramait contre lui, Nicolas Sarkozy aurait laissé faire, pour mieux ensuite porter l'estocade et tuer politiquement son rival Dominique de Villepin. Au pénal, les trois principaux prévenus encourent des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison et une forte amende. En pratique, avec un casier judiciaire vierge, leur probabilité d'être incarcéré est faible (sursis). En revanche, ils s'exposent aux très fortes demandes de dommages et intérêts que ne manqueront pas de demander les 42 parties civiles.
