10 juin 2009 - 4 réactions
Après son fiasco aux européennes, Martine Aubry a proposé, hier, au PS, de «changer de cap» en six mois, après s'être assurée du soutien de Ségolène Royal lors d'une rencontre de conciliation.
«Nous avons six mois pour changer de cap», a averti Martine Aubry, hier, en ouverture de la réunion du conseil national du PS dans un grand hôtel parisien. Elle a détaillé une feuille de route: «Nouvelle gouvernance», «engagement de discussions avec l'ensemble de la gauche», éléments du «projet» fin août à LaRochelle, «grande convention sur le nouveau développement social, économique et écologique» avant la fin 2009.
Concertation avec Royal
Ségolène Royal était absente, mais les deux femmes s'étaient rencontrées, dans la matinée, à son QG du Boulevard Raspail. La présidente de Poitou-Charentes a assuré de son soutien le maire de Lille, qui lui a proposé la vice-présidence de l'Internationale socialiste. Les deux ex-rivales ont «décidé de se consulter régulièrement et en direct».
«Ambiance lourde» «formol» et sifflets
Le conseil national s'était ouvert dans «une ambiance lourde» et Jean-Christophe Cambadélis, directeur de campagne, a essuyé quelques sifflets, selon des participants. «Le parti est tombé dans le formol depuis sept ans. Dernière station-service avant le désert», avait asséné, pour sa part, le député Arnaud Montebourg. Outre la nouvelle direction avec des quadras et des quinquas, Martine Aubry devait proposer la «constitution d'un comité avec des grandes figures: Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal, François Hollande». Dans son discours de «mobilisation tourné vers l'avenir», Martine Aubry a appelé à «une profonde refondation»: «Des idées, à gauche, mais aussi de nos pratiques, nos démarches personnelles et collectives».
Benoît Hamon reste porte-parole
Benoît Hamon, battu aux européennes en Ile-de-France, a annoncé sa décision de rester porte-parole alors qu'il avait évoqué son possible retrait. «Au moment où le PS n'est pas forcément dans la meilleure forme», partir «brouillerait encore plus l'image de ce parti». Il entend rester pour «oeuvrer» au «rassemblement de la gauche» avec, notamment, les écologistes et les communistes pour «construire une nouvelle espérance». Pressenti pour rejoindre la direction, l'ex-lieutenant de Ségolène Royal, Vincent Peillon, a réclamé une réunion «beaucoup plus longue» en juillet pour permettre d'avancer sur l'orientation, les alliances, la future direction et les primaires. «Parler des personnes avant de parler du projet, ce n'est pas ce que les électeurs attendent de nous». Pierre Moscovici, qui affirme avoir reçu un appel d'offres de la première secrétaire pour entrer dans la direction, a averti: «Il ne faut pas de rafistolage, mais de vrais changements».
