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Procès AZF. Les victimes réclament la vérité

24 février 2009

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Le procès de l'explosion de l'usine AZF s'est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Les victimes et leurs proches sont dans une douloureuse quête de vérité.

«La vérité» sur l'explosion de l'usine AZF, le 21septembre 2001 à Toulouse (31 morts et des milliers de blessés), c'est ce que réclament les victimes, anciens salariés et témoins du drame qui, les yeux parfois rougis par les larmes, se pressaient hier pour assister au procès.

«J'ai besoin d'être là»

Jennifer Zeyen dont le père, salarié de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), voisine d'AZF, a été tué par l'explosion, a pris place au premier rang de l'espace réservé aux 1.800 parties civiles, derrière une cohorte d'avocats. «Je me bats depuis 2001 pour savoir pourquoi mon père est mort. J'ai besoin d'être là, c'est psychologique, je ne pouvais pas rester chez moi à attendre les infos. C'est un peu un devoir d'être ici», confie-t-elle. Sa voisine de salle d'audience fait partie de ces Toulousains encore traumatisés par la catastrophe. «C'est dur. On ne peut pas faire le deuil. On attend une vérité et une reconnaissance de la responsabilité de l'entreprise», déclare Marie-France Mallada, 55 ans, blessée lors de l'explosion et qui a perdu 80% de ses capacités auditives. Après plusieurs tentatives de suicide, elle a déménagé de Toulouse «pour essayer de (se) reconstruire», mais se dit aujourd'hui «accro» aux anti-dépresseurs et somnifères.

«J'en ai mal au ventre»

Chantal Vaginay écoute sans ciller l'énoncé des accusations contre Grande Paroisse, filiale du pétrolier Total, propriétaire d'AZF, et son directeur de l'époque, Serge Biechlin, ainsi que la liste des témoins et parties civiles. «J'espère que la vérité va sortir, j'en ai mal au ventre. Je revois tout d'un coup toutes les images défiler dans ma tête», explique-t-elle. La première journée d'audience, consacrée aux questions de procédures, laisse les parties civiles sur leur faim. «Je veux connaître la vérité et faire enfin le deuil de cette histoire», confie Marie-Christine Ansos, infirmière de l'hôpital psychiatrique Marchand, détruit par la déflagration. Beaucoup de victimes ne croient pas à la thèse, privilégiée durant l'instruction, d'un mélange malencontreux de produits chimiques détonants. «Maintenant, on s'en remet à la Justice. On laisse parler les experts et les juges», conclut le vice-président du Comité de défense des victimes d'AZF, Franck Biassotto.

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  • Environ 250 victimes ou anciens salariés de l'usine AZF ont manifesté symboliquement hier matin à Toulouse avant l'ouverture du procès. Photo AFP
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