17 septembre 2011 - 14 réactions
A lire également
> Dernières infos sur la primaire socialiste
Les sondages vous créditent d'un score situé entre 3 % et 5%. N'est-ce pas décevant?
Je me méfie des sondages réalisés à l'occasion de cette primaire. Personne ne connaît le corps électoral. Personne ne sait aujourd'hui qui va venir voter. À partir du moment où vous décidez d'être candidat à cette primaire citoyenne pour représenter ce que j'appelle une gauche qui dit la vérité, qui regarde le monde globalisé comme une donnée, bref, une gauche moderne et populaire, quand il s'agit de parler immigration et sécurité, tout est possible. Je constate que ma notoriété progresse. Dans cette compétition, je suis un des seuls qui continue à gagner des points.
Intégrez-vous le projet socialiste dans vos propositions?
Oui! Comme tous les autres. Les valeurs et les priorités du projet socialiste, à savoir l'éducation, le soutien à la compétitivité des entreprises, sont les miennes comme celles de tous les socialistes. Mais la crise a redoublé d'ampleur. Et nous savons qu'un projet bâti sur une hypothèse de croissance de 2,5% nous oblige à revoir notre copie. La priorité, aujourd'hui, c'est le désendettement, le soutien à la compétitivité et la justice sociale.
Le souci qui est le vôtre de désendetter le pays vous conduit-il à accepter de voter la «règle d'or» proposée par Nicolas Sarkozy?
Non, parce que c'est une opération de blanchiment de la politique de Nicolas Sarkozy. Je suis favorable à l'inscription de la règle d'or dans la Constitution parce que la dette sacrifie l'avenir. La règle d'or devrait être adoptée au début d'un quinquennat. Si Nicolas Sarkozy avait voulu un accord avec la gauche, il aurait dû créer les conditions d'un accord en reprenant nos propositions, par exemple celle qui concerne la défiscalisation des heures supplémentaires qui a fait perdre des millions aux caisses de l'État et qui a contribué à détruire des emplois.
On assiste à un véritable tir de boules puantes. À droite, avec les déclarations de Robert Bourgi, à gauche, avec l'affaire Guérini. Comment dissiper ces miasmes nauséabonds?
Avec la crise économique, la crise européenne, avec le sentiment de déclassement ressenti par beaucoup de Français, si on rajoute une crise politique et morale, cela ne peut que favoriser l'abstention et le vote populiste. Cela nous oblige à tenir, plus que jamais, un discours de vérité.
Le Parti socialiste s'est-il remis de l'affaire DSK?
Je le crois. En tout cas plus vite que je ne le pensais. Tout se passe comme si les Français avaient eux-mêmes tourné la page. Au stade actuel, je pense que cette affaire est derrière nous. Mais l'équation qu'incarnait Dominique Strauss-Kahn, à savoir l'expertise qui faisait penser qu'à travers lui il était possible de régler la crise, avec en plus la capacité de DSK de rassembler au-delà de nos rangs, reste profondément d'actualité.
Votre candidature est-elle un galop d'essai ou est-ce une manière de vous placer dans la perspective d'une victoire éventuelle de la gauche en 2012?
Je me place dans la perspective d'une victoire de la gauche parce que la France a besoin de tourner la page du sarkozysme, parce qu'elle a besoin d'une politique économique, sociale et fiscale différente, et qu'elle a aussi besoin d'un autre comportement à la tête du pays. Je veux être utile à la gauche et au pays. Je veux peser dans le débat de la primaire pour que nos idées de modernité et d'inventivité soient non seulement entendues par le plus grand nombre d'électeurs le 9octobre mais aussi tout au long de la campagne présidentielle.
Si les sondages sont confirmés, le débat devrait se limiter à un duel Hollande-Aubry. Lequel des deux choisirez-vous?
Pour l'heure, il reste deux débats et trois semaines de campagne. Je ne répondrai donc à cette question qu'au soir du premier tour, voire au soir du second tour.
24 mai 2012 à 18h19

24 mai 2012 à 20h05
24 mai 2012 à 14h33 - 1 réaction(s)