23 septembre 2009
Du net au papier: Bakchich Hebdo, dernier-né des canards satiriques, débarque aujourd'hui dans les kiosques. Un pari pour une affaire de survie.
Un nouveau canard satirique débarque aujourd'hui dans les kiosques: Bakchich Hebdo. Même slogan que sur le net: «Informations, enquêtes et mauvais esprit». Le salut du site Bakchich.info viendra... du papier! Sans mauvais esprit. Un vrai pari pour une affaire de survie. Il est beau le bébé concocté par Nicolas Beau, le directeur de la rédaction et ses (jeunes) troupes hyper-motivées.
Une nouvelle cartouche
Séduisante maquette qui affiche ce matin à la une «Sarkozy se porte ONU». «Giscard force le d'Estaing» au côté d'une belle en porte-jarretelles digne d'une princesse... Le portrait de «l'oublié» du procès Clearstream, Yves Bertrand, le patron des RG, dit «le grincheux», met en appétit. Dans la courette de Bakchich Info, à deux pas du métro Charonne, les journalistes tirent cigarette sur cigarette. Ils y croient dur comme fer, mais ils savent, tout comme leur patron, qu'ils tirent une nouvelle cartouche. Pas la dernière, espèrent-ils, mais celle qui fera bêtement que Bakchich ne coule pas. L'équipe met cartes sur table: «Trouver d'autres lecteurs, trouver d'autres recettes. L'écrit sauvera l'écran.» C'est bien pour des raisons économiques que Nicolas Beau fait le saut du papier. Le site a trouvé un public mais la publicité s'est effondrée.
«On aura un vrai retour!»
«Personne ne gagne sa vie avec l'info sur le net!», assure Nicolas Beau. «Sur le net, l'info circule vite, et se perd très vite. Sur le papier, elle s'inscrit plus durablement. On a besoin du papier! Avec lui, on aura un vrai retour!», lance-t-il. Ce qui ne manque pas de sel à l'heure où l'on entend que la presse écrite va mal. Elle crée des sites pour renforcer le journal papier. Bakchich fait l'inverse! 100.000 exemplaires de l'Hebdo vont être diffusés sur le territoire. Ils seront désormais quatre satiriques à s'afficher le mercredi: le (gros) Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, Siné Hebdo et le dernier petit canard. La concurrence n'effraie pas Nicolas Beau. «La presse satirique n'est pas en crise. Et on ne copie pas!» souligne-t-il. Au menu: moins de politique que chez les autres, plus d'enquêtes fouillées, du sport et des sujets consommation. Avec 25.000exemplaires vendus à 1,80euro, c'est l'équilibre, selon Nicolas Beau. Au-dessus, Bakchich gagne de l'argent. Au-dessous, c'est la clef sous la porte...
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